Architecture & Cinéma

Jeudi 28 septembre à 20h15

LES DERNIERS JOURS D’UNE VILLE

De Tamer El Said. 1h58. VOST. Allemand, Égyptien, Émirati, Britannique. Avec Khalid Abdalla, Hanan Youssef, Bassem Fayad
2009, Le Caire, Egypte. Khalid filme l’âme de sa ville et de ses habitants. Leurs visages et leurs espoirs. Quand la ville s’embrase, dans les prémisses d’une révolution, les images deviennent son combat. Les images du Caire, mais aussi celles de Beyrouth, de Bagdad et de Berlin, que lui envoient ces amis. Il faut trouver la force de continuer à vivre la douloureuse beauté des « derniers jours d’une ville ».
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« En liant le tumulte organique et incessant du Caire à l’errance sans fin de ceux qui le peuplent ou y transitent, le premier long-métrage de Tamer El Said, “Les derniers jours d’une ville” trace, le cœur lourd et battant, une voie épiphanique paradoxale. Tour à tour ode contrariée à la grande ville et errance sans fin dans un présent tissé d’incertitudes le film dresse par extension le portait intime d’une jeunesse arabe cherchant en vain une place qu’elle voudrait pouvoir tenir dans son pays. Comment vivre la ville sans pouvoir l’habiter, sans pouvoir s’y projeter ? À la veille de la chute du régime d’Hosni Moubarak, “Les derniers jours d’une ville” est une lettre d’amour impossible, dont l’écho agit de l’intime au collectif en soulignant une indissociable désillusion sentimentale et politique. Bien que le film ne soit la peinture d’aucun milieu, l’intranquillité de Khalid, sa peur du vide et de l’inertie du temps, sa colère contenue contre l’époque, font de lui un lointain cousin du Fabrizio de “Prima della Rivoluzione” de Bernardo Bertolucci. Dans la ville où s’engouffrent la poussière et le sable, l’Histoire ne s’écrit plus qu’à travers des sursauts réprimés et des cris vite étouffés. Soustraits aux apories qui caractérisent le cinéma militant, la dimension politique du film s’affirme à travers des questions déposées, laissées sans autre réponse que celles apportées par défaut par chacun des personnages. Quels sont alors les derniers jours de la ville évoqués par le titre ? Sont-ce ceux de la ville telle que nous la connaissons ou ceux de Khalid avant qu’il ne prenne la décision de la quitter ? Sommes-nous encore à la veille d’un hypothétique renouveau ou engagés déjà dans un processus de dissolution irrémédiable ?

Rencontre et discussion avec Sébastien Godret à l’issue de la projection.
Tarifs habituels. 4,5€ pour les membres de la MAB.
Soirée organisée en partenariat avec Latitude21 et la MAB.

Sébastien Godret est photographe, commissaire d’exposition et producteur, diplômé de l’université de Bourgogne en muséologie, actions artistiques. Auteur multisupport, son travail interroge le rapport entre la ville, l’architecture et la société avec une approche artistique et documentaire. Son action consiste à observer la ville comme un objet culturel. Se déplaçant beaucoup à l’étranger pour ses projets, sa réflexion l’amène à analyser et à comparer les systèmes urbains mais également, à être actif sur son territoire pour faire évoluer la ville vers des modalités plus relationnelles, moins fonctionnelles.

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