Architecture & Cinéma : soirée de clôture !

Jeudi 24 mai à 20h15
L’amour existe de Maurice Pialat
Contre-courant de Jean-Daniel Pollet
La forme d’une ville de Pier Paolo Pasolini & Paolo Brunatto

films suivis d’une discussion en salle avec un architecte puis d’un verre offert dans la hall

Pour cette dernière date de la saison, nous vous avons concocté un magnifique programme de courts-métrages, à ne manquer sous aucun prétexte !

L’amour existe. De Maurice Pialat. France. 1961. 22min.
Parce que c’est un chef d’œuvre. Parce que ce n’est ni tout à fait un documentaire, ni un essai, c’est un poème cinématographique, mélancolique et puissant, qui s’articule autour des mots Maurice Pialat, des longs plans panoramiques dessinés par Gilbert Sarthre, et de la musique de Georges Delerue. C’est un film de 1960, dont le propos, politique, sur la banlieue, sur le quotidien des habitants de la périphérie reste vrai. À l’écran, défilent doucement les images grises des heures de poi nte dans les transports en commun, des embouteillages des vies pavillonnaires prêtes à tous les sacrifices pour échapper aux barres d’immeubles, quitte à se planter au bout d’une piste d’atterrissage d’Orly ou de Roissy. On voit des images des bidonvilles de Massy à la fin des années 1950 celles des barres HLM parfois quasiment aveugles. À ce moment du film, le commentaire de Maurice Pialat dit : « Le paysage étant généralement ingrat. On va jusqu’à supprimer les fenêtres puisqu’il n’y a rien à voir ». Entre Pantin, Courbevoie, et la périphérie Est de Paris, ce que propose Maurice Pialat dans ce film magnifique, ce n’est pas une étude de la banlieue mais une évocation, pour dire « le parachèvement de la ségrégation de classes » ; la promiscuité des appartements HLM « qu’on ne choisit pas » ; pour dire la vie de travailleurs qui n’ont que la « vieillesse comme récompense », et la mise à l’écart des centre-ville, là où les rares horizons sont ceux des zones industrielles et commerciales. L’Amour existe est un film d’amour triste, rageur, sévère parfois, et lucide, comme Maurice Pialat.

Contre-courant. De Jean-Daniel Pollet. France. 1991. 10 min.
Sur un texte de Pierre Borker, voyage symbolique autour de l’enfouissement de la Bièvre, prétexte à évoquer les problèmes de la pollution des cours d’eau dans une banlieue délabrée, le film prend le caractère d’une enquête ironique qui laisse à Jean-Daniel Pollet toute la liberté formelle qu’il aime pratiquer. Petit court métrage où l’on retrouve la science du montage et la dimension poétique de ce grand cinéaste trop rarement diffusé. Sur des images et des photographies d’immeubles et d’objets spécifiques du paysage urbain, sans aucune présence humaine, une voix raconte la recherche d’une chose qu’elle ne connaît pas, cachée à ses regards dans Paris. Cette évocation poétique d’une enquête comparée à une quête mythologique, et dont l’objet est une rivière, la Bièvre, donne un ton étrange à ce court-métrage, créant une atmosphère de menace contre la ville. Parmi les lieux de tournage : les immeubles du Front de Seine, quai de Grenelle (15e), une ruelle à l’abandon.

La forme d’une ville. De Pier Paolo Pasolini & Paolo Brunatto. Italie. 1973. VOST. 16 min.
Où Pier Paolo Pasolini parle face caméra d’Orte, de sa forme, de son profil et de sa transformation par l’ajout de maisons modernes et d’immeubles HLM, du rapport de la forme d’une ville au paysage où elle s’inscrit et de l’intervention de l’homme démiurge, qui n’est pas souvent celui qui habite et façonne la ville au quotidien. Un film hautement poétique et politique.

Soirée organisée en partenariat avec Latitude21 et la Maison de l’Architecture de Bourgogne.
Tarifs habituels. 4€50 pour les membres de la MAB

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