Rencontre avec le cinéaste autrichien Andreas Horvath

Jeudi 12 décembre à 20h15
Projection suivie d’une rencontre avec le cinéaste Andreas Horvath

LILLIAN d’Andreas Horvath. Autriche. 2019. 2h10. VOST. Avec Patrycja Planik…
Encore une excellente surprise du côté de la Quinzaine des réalisateurs. Elle est radicale, expérimentale et autrichienne, mais ne ressemble pas à ce que le cinéphile s’attend à trouver sous cette catégorie, où l’on ne dédaigne pas de torturer à tous les étages, avec une délectable froideur. Produit par un spécialiste du genre en la personne d’Ulrich Seidl (Paradis, Sous-sols…), Lillian, signé par le documentariste Andreas Horvath, nous entraîne pourtant vers un tout autre territoire.
Lillian s’inspire d’un fait divers survenu en 1927 aux Etats-Unis, où une femme russe immigrée a décidé de regagner sa patrie à pied sec, par la terre ferme, en partant de New York et avec pour objectif de rejoindre le détroit de Bering, qui sépare les deux pays, et aussi bien les continents, entre l’Alaska et la Sibérie. Prenez une carte et considérez, s’il vous plaît, le trajet. La femme se perdit à jamais, après que des ouvriers l’eurent aperçue pour la dernière fois dans la forêt boréale canadienne.
Cette histoire folle, follement belle aussi, Andreas Horvath a eu l’intelligence et la sensibilité de s’en emparer en respectant son arbitraire et son mystère. Sans une ligne de scénario, sans un mot de dialogue, il lance son personnage, interprété par la magnétique Patrycja Planik, à la dérive de l’Amérique du Nord, et laisse infuser sa très longue marche au gré du hasard et des rencontres, du soleil et de la grêle, des montagnes et des rivières.