Dernières news de l’année !

Nous vous écrivons depuis un cinéma fantôme.
Aucune coiffure ne dépasse du dossier des fauteuils. Même une tignasse ébouriffée, ça nous irait très bien.
Nos salles sont de tout silence et d’un noir profond ces jours-ci. Et pourtant nous y voyons des choses. Comme chez Soulages, le noir brille par ses absences, il est plein de fantômes inquiétants et de prophètes farceurs. En nous y baladant parmi les rangées, nous imaginons tous les films que vous verrez bientôt, et Dieu sait qu’on a eu le temps d’en voir en vous attendant ! Ces films, ils vont nous rendre nos yeux, exorciser l’obsession qui s’est emparée de cette année de cinglé…
Et ce sont d’autres obsessions, bien plus dignes et entraînantes, qui nous parleront, comme celle de Michelangelo Antonioni pour les coiffures (on y revient) dans L’avventura, merveilleux film que nous nous sommes promis de vous montrer dans sa version restaurée dès que possible à l’Eldo. La coiffure est devenue la signature des personnages, leur façon d’être au monde, Monica Vitti sous un feux d’artifices de cheveux blonds qui penche la tête devant le miroir, furieusement paradoxale… La coiffure, c’est encore plus primordial que l’habit finalement et par conséquent elle révèle nos prisons intimes tout autant que nos libertés (certains de l’équipe de l’Eldo en savent quelque chose…). Voilà une des trames esthétique du film, belle et audacieusement entrelacée dans l’histoire d’une disparition (à la chevelure brune)…
C’est avec les images obsédantes de ce film mythique de 1960 qui a révolutionné le cinéma que nous vous souhaitons la plus belle des fins d’année possible. Bricolez bien et on se retrouve bientôt ! Vive l’aventure !