Présentation des 24 heures

Présentation

Nous en rêvions des films de Tarantino sur grand écran ! Et de prendre le temps d’en parler. D’en parler un peu au-delà de ce qu’on entend généralement. Nous avons donc conçu ces 24 HEURES avec amour, acharnement et Emmanuel Burdeau (tarantinophile fervent). 3 films, de larges plages de discussion, des extraits des autres films… Et des moments conviviaux autour du Big Kahuna de Pulp Fiction, d’une bière, avec le crépitement d’un vinyle dans les oreilles.

 

Notre invité

Emmanuel Burdeau est critique de cinéma. Il a été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, directeur éditorial des éditions Capricci et collaborateur de plusieurs revues et journaux, dont Mediapart, Le Magazine Littéraire, So Film et Art press. Il est l’auteur de livres portant sur des séries (Les Soprano) et sur des cinéastes (Werner Herzog, Vincente Minnelli, Billy Wilder). Il a dirigé de nombreux ouvrages collectifs, dont Quentin Tarantino, un cinéma déchaîné (Capricci / Les Prairies Ordinaires, 2013, puis 2016). Il prépare une biographie de Serge Daney, à paraître aux éditions La Découverte, ainsi qu’un essai sur Tarantino.

 

Principe

Quentin Tarantino est le cinéaste le plus célèbre au monde – quel autre pourrait se vanter d’être une star ? On sait à quoi il doit d’abord ce statut : à la brillance de ses dialogues et à l’abondance de ses clins d’œil cinéphiles. Chaque fois qu’un artiste atteint un tel degré de célébrité, on peut pourtant être sûr que, d’un autre point de vue, il demeure méconnu. C’est inévitable. Chacun est trop habitué à reconnaître chez lui certains traits pour que d’autres ne passent pas inaperçus. Tarantino est ainsi : il reste à redécouvrir, sinon à découvrir. C’est l’idée de ces 24 heures. Considérons-les comme une expérience consistant à revoir quelques uns de ses films ainsi qu’au premier jour, c’est-à-dire en laissant de côté ce qui brille, soit le verbe et les citations. Que voit-on alors ? Des événements étranges et impossibles, à la lisière du fantastique et de la métempsycose. Des choses propres à nous bouleverser et non seulement à nous distraire. Des personnages qui meurent, puis ressuscitent avant de remourir parfois. D’autres qui naissent tard, à l’âge où l’on tire sa révérence. D’autres encore qui passent par mille apparences et, semble-t-il, mille existences. Toute une variété de destins et d’avatars. Un art de l’incarnation et de la réincarnation. Ici un miracle, là une résurrection. Et partout des dédoublements : corps et âme, cinéma et vie, réalité et projection. De Pulp Fiction à Once Upon a Time… in Hollywood, de Kill Bill à Django Unchained, Tarantino ne se contente pas de reprendre au cinéma des figures existant déjà. Ses personnages, il les crée. Il leur donne vie, les fait mourir et les fait vivre encore. Là se situe son génie, au sens propre.

Il s’agit de poser une seule question : pourquoi, contrairement à la vérité historique, Sharon Tate ne meurt-elle pas à la fin du dernier long métrage en date de Tarantino, Once Upon a Time… in Hollywood ? Il s’agit de trouver la réponse dans ce film, mais aussi dans tous les autres du cinéaste, à commencer par le premier, Reservoir Dogs, et par sa fameuse scène d’ouverture. Il s’agit de montrer comment Tarantino n’a cessé d’être habité par les motifs de la résurrection et du miracle. Comme si le cinéma réalisait pour lui la possibilité d’une nouvelle vie.

Emmanuel Burdeau