143 rue de désert

De Hassen Ferhani. 2020. 1h40. VOST.

 

Séances du 16 au 22 juin

Mer, Ven, Sam, Dim : 12h00 – 19h00
Jeu, Mar : 16h15
Lun : 13h45

Le premier plan du film fait surgir un décor à la Bagdad café : le sable à perte de vue, et sur la ligne d’horizon, une silhouette qui s’approche doucement d’une cahute en ciment.
Voici le royaume de Malika, reine du désert, qui nous invite à « regarder le monde » sur le seuil de sa cabane. Au fil des heures lentement égrenées, débarquent de temps en temps des routiers en quête de compagnie, d’un verre de thé ou d’un casse-croûte. La caméra de Hassen Ferhani se met au rythme de cette attente, avec un art de la composition et un sens de l’écoute qui faisaient déjà tout le sel de son précédent film Dans ma tête un rond-point : les conversations ordinaires et confidences des équarisseurs de cet abattoir d’Alger qui rêvaient d’avenir, d’amour et de fortune, résonnent avec les micro-histoires qui se nouent ici sur un coin de table entre Malika et ses visiteurs de passage. Des échanges en apparence anodins qui évoquent en creux les années de terrorisme, la corruption, le travail qui se fait rare, la religion ou la condition des migrants subsahariens. Esquisse d’une Algérie en suspens, 143 rue du Désert est aussi le portrait émouvant d’une femme qui se tient au milieu des hommes, et qui tout en s’en remettant à Dieu, se moque des religieux et des faiseurs de morale. (extrait d’un texte de l’Acid)

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