Django

de Étienne Comar. France. 2017. 1h55.
Avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya …


du 24 au 30 mai : 

Mer, Lun: 17h50
Jeu, Dim: 14h00 I 20h30
Ven:
14h00
Sam: 14h00 I 21h30
Mar: 12h00 I 17h50


Resserré sur quelques mois, les plus sombres sans doute de la trop courte existence de Django Reinhardt (mort à 43 ans), le film se déroule sous l’occupation, quand Paris, étouffé par la botte nazie, tente de respirer dans les bals clandestins les derniers parfums d’une liberté confisquée. 1943. Django, au sommet de son art, adulé, fait swinguer le tout Paris. Comme bon nombre d’artistes français de cette époque, on joue devant un parterre composé en partie d’officiers allemands, sans trop se soucier du chaos lointain. Django a sa guitare, sa famille, son public et une certaine immunité acquise par sa célébrité et son talent… Cette guerre, c’est celle des gadjos, certainement pas la sienne. Mais l’Allemagne en veut toujours plus et l’agent du guitariste négocie avec l’occupant une tournée qui le mènerait à Berlin, orchestrée par la propagande nazie, pour le bon plaisir des hauts officiers du Reich, avec, aux premiers rangs Gœbbels et peut-être même Hitler. Flairant le danger, Django décide alors de fuir en zone libre, aidé par la belle et mystérieuse Louise De Klerk, une vieille connaissance, amatrice éclairée de jazz, reine des nuits parisiennes, admiratrice fidèle, et peut-être encore plein d’autres choses plus ou moins avouables… A Thonon, il va attendre plusieurs semaines le moment propice pour un passage en Suisse. Entouré de sa famille mais aussi des habitants d’un camp tzigane rencontrés sur place, Django va découvrir la terrible réalité de son temps.

Avec ce qu’il faut d’entorses bienveillantes à la réalité, Django nous offre le portrait admiratif – mais pas toujours aimable – d’un musicien hors norme qui va voir sa vie et son art bouleversés au contact de l’horreur en marche. Si les scènes de concerts sont remarquablement filmées et rendent toute l’énergie vitale de ce jazz manouche, la manière dense et pudique dont le film traite de l’oppression puis de l’extermination du peuple tzigane est particulièrement émouvante.

À travers ce personnage mythique interprété par Reda Kateb avec le talent qu’on lui connaît, Django interroge la place de l’artiste et de l’art dans ces moments terribles de l’histoire où la poésie et la liberté sont elles aussi pourchassées, parquées, exécutées.

La bande annonce ICI