I am not your negro

de Raoul Peck. France, États-Unis, Belgique, Suisse. 2017. 1h34. VOST
Avec JoeyStarr, Samuel L. Jackson …


du 24 au 30 mai :

Mer, Ven, Sam, Dim: 12h00
Jeu:
12h00 I 20h00
Lun: 20h00
Mar: 14h00 I 20h00


James Baldwin, jeune écrivain ouvertement homosexuel, avait quitté les États-Unis ségrégationnistes et homophobes pour rejoindre en 1948 le Paris Rive gauche et bohème de l’après-guerre, bien plus ouvert. Mais au début des années 60, alors que débutait la lutte pour les droits civiques aux USA, il se lie d’amitié avec Malcolm X et Martin Luther King, malgré leurs différences, malgré leurs divergences. Leurs assassinats inspirent le texte splendide qui accompagne le film en voix-off et qui est le fil directeur reliant les images d’archives et les interviews de Baldwin lui-même. Une des premières séquences d’interview télé met en lumière, de manière tragiquement ironique, le profond ancrage de la pensée raciste ordinaire : ça se passe en 1965, un journaliste persuadé d’être bienveillant rappelle à son invité que « les Noirs ont connu de nombreux progrès récents, et qu’on les voit même dans les publicités » ! L’écrivain rétorque que tant qu’on parlera comme cela des Noirs, rien ne sera réglé…

Nombre d’images d’archives sont saisissantes… On croit avoir tout vu de la connerie crasse des théories racistes, mais dans cet extrait où une blanche ségrégationniste déclare que si Dieu peut pardonner le meurtre ou l’adultère, il ne pardonnera jamais la fin de la ségrégation à l’école… on se dit que la réalité peut dépasser la fiction. Le film de Raoul Peck – réalisateur entre autres de Lumumba, splendide portrait du leader africain – restitue toute la grandeur, toute la dignité, toute l’intelligence du combat pour la justice et les droits civiques des Afro-américains, aujourd’hui confrontés au racisme de l’État Trump. Il n’est probablement pas indifférent que Raoul Peck soit haïtien, citoyen du premier pays à s’être libéré par ses propres moyens du joug colonial, face à ce qui était alors la première armée occidentale au monde, celle de Napoléon. Et comme le rappelait James Baldwin, la liberté ne se donne pas, elle se prend. C’est ce qu’on fait les Haïtiens, sans attendre l’abolition de l’esclavage accordée par les dominants. Black Lives Matter !

La bande annonce ICI