La mort de Staline

De Armando Iannucci. USA. France. 2017. 1h47. VOST.
Avec Steve Buscemi, Jeffrey Tambor, Olga Kurylenko…

Horaires du 18 au 24 avril

Mer, Sam: 14h00 | 20h00 | 22h00
Jeu, Lun, Mar: 14h00 | 20h00
Ven: 14h00 | 21h40
Dim: 14h00 | 16h00

Dur de passer du Jeune Karl Marx à La Mort de Staline. De l’aimable philosophie à l’abominable barbarie. Et comment s’y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son der- nier souffle, la bagatelle de 5 millions d’exécutions, plus 5 millions d’individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s’y prendre si ce n’est par la farce ? L’inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre. Dès les premières images de cette mort annoncée, la messe est d’ailleurs dite. Nous sommes dans un de ces temples soviétiques dressés à la gloire de la culture, où se donnent des concerts de musique classique. La représentation vient de se terminer et déjà le public se disperse. A la régie, deux techniciens somnolent en attendant d’aller se coucher. Nous sommes le 3 mars 1953 et soudain le téléphone sonne : au bout du fil, une voix impé-rieuse annonce que le camarade Staline exige que lui soit livré dans les plus brefs délais l’enregistre- ment du concert. Panique à bord. Nos deux las- cars, quasiment assoupis derrière leur console, n’ont pas enregistré la moindre note. L’ombre du goulag se profile… Il faut rattraper dans la rue les spectateurs, en retrouver d’autres pour remplir la salle : balayeurs, ouvriers de nuit sur le chemin de leur travail, ivrognes qui cuvent leur vodka dans le ruisseau… et trouver à l’arrache un chef d’orches-tre qui croit mourir de peur quand les hommes de la milice frappent à sa porte.
À la même heure, après avoir réuni au Kremlin le présidium pour évoquer une nouvelle affaire de complot – la routine, quoi –, Staline emprunte une des trois limousines devant le mener à sa datcha de Kontsevo près de Moscou, les deux autres étant des leurres occupés par des sosies, chaque voiture prenant chaque soir des chemins différents. Pendant ce temps, le concert et son enregistrement ont repris dans l’angoisse générale alors que, derrière la porte blindée, va se jouer le destin de l’URSS…

Bande annonce ICI

Publicités