L’amant d’un jour

de Philippe Garrel. France. 2017.
Avec Eric Caravaca, Esther Garrel, Louise Chevillotte…


Horaires du 21 au 27 juin :

Mer, Sam: 12h00 | 14h00
Jeu: 12h00
Ven: 14h00 | 16h00
Dim, Lun, Mar: 16h00

Ce film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, dans le cadre du Festival de Cannes 2017

Le cinéma en noir et blanc de Philippe Garrel est peuplé d’ombres et de spectres qui passent de film en film, disparaissent puis renaissent, pour composer inlassablement le motif permanent de son œuvre : la naissance et l’évanouissement du sentiment amoureux. Au cours d’une filmographie entamée à la fin des années soixante, les variantes de cette équation créatrice furent nombreuses et bien souvent douloureuses. Il semblerait que Garrel en ait trouvé, depuis peu, une formulation résolument douce et sereine. Un père, sa fille et une jeune amante : le cinéaste expose les parcours affectifs avec évidence, mettant à nu leurs comportements avec une authentique bienveillance. L’Amant d’un jour reprend la forme concise et aérée de son précédent film, L’Ombre des femmes. À nouveau, la beauté des images et le caractère romanesque du récit conduisent le cinéma de Garrel vers une respiration et une grâce toute retenue qui éclairent à merveille les sphères intimes de ses personnages.
Après une rupture, Jeanne retourne chez son père et découvre qu’il est en couple avec une jeune femme du même âge qu’elle. Ils gardent leur relation discrète : Ariane est étudiante, il est son professeur à l’université. De quoi redouter les regards extérieurs.
Ariane devient vite un précieux soutien pour Jeanne en l’aidant à surmonter son désarroi amoureux. En retour, Jeanne saura garder le secret au sujet des flirts épisodiques auxquels Ariane s’adonne dans le dos de son père. Mais la maturité en amour apprend à n’être dupe de rien…
Entre fougue et sagesse, le trio interprété par Esther Garrel, Louise Chevillotte et Eric Caravaca confère un bel équilibre à cette exploration du thème de la fidélité en amour. Les blessures existent, Philippe Garrel le sait bien. La beauté de son film est d’avoir su le capter sur les visages de la jeunesse. Sans oublier d’en proposer l’antidote par une hauteur de vue bienfaitrice.