Le jour d’après

de Hong San-soo. Corée. 2017. 1h32. VOST.
Avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon…


Horaires du 21 au 27 juin :

Mer, Sam: 12h00 | 22h00
Jeu: 12h00
Ven: 19h00 | 22h00
Dim: 19h00
Lun, Mar: 14h00

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2017

21 films en 21 ans ! Écrivains, réalisateurs, artistes en mal d’amour sont les personnages auxquels les films de Hong Sangsoo ont fini par nous habituer au cours de scènes de repas et de beuveries où les masques tombent très vite. Car l’alcool est le premier moteur de ce cinéma. Chaque film est une subtile variation du précédent et ne raconte au fond qu’une chose : comment les hommes et les femmes ont du mal à être ensemble.

Ainsi donc voici Le Jour d’après, sélectionné en compétition à Cannes, qui est peut-être son chef- d’œuvre, du moins le grand film de la maturité. Soit l’histoire d’un éditeur, Bongwan, qui a trompé sa femme avec son employée avant que celle-ci ne le quitte et que n’arrive Areum, une nouvelle jeune et jolie femme, pour la remplacer. Le film se déroule sur une seule journée, qui correspond au premier jour de travail d’Areum, au cours de laquelle la lâcheté de Bongwan va provoquer les humiliations successives de chacune des femmes qui l’entourent. Quelques allers-retours temporels nous donneront progressivement des indices sur la liaison adultère qui a précédé.

Le Jour d’après est une grande comédie du désespoir, filmée dans un sublime noir et blanc. Le cinéaste n’a peut-être jamais été si mélancolique. D’habitude, le ridicule des situations l’emporte et l’on accepte de rire des personnages comme on se moquerait de soi-même. Ici, la tristesse a gagné du terrain. Les petites bassesses et les trahisons ont ouvert des blessures qui auront du mal à se refermer. Ce qui n’est sans doute pas sans rapport avec la part autobiographique du récit. Sans doute aussi parce que les disputes sont un peu moins arrosées qu’à l’accoutumée. Le ton est plus grave, plus sérieux. La honte qui paraissait autrefois légère, passagère, sans conséquence, est devenue un sentiment existentiel qui colle à la peau. Petit moment d’accalmie au cœur de la tempête, un simple déjeuner entre Areum (interprétée par la formidable Kim Minhee que vous avez découverte dans Mademoiselle) et Bongwan se transforme soudain en fable philosophique sur le sens de l’existence. Bongwan ne comprend pas pourquoi Areum demande s’il sait pour quoi il vit car, dit-il, la réalité ne fait que glisser entre les mots : ce qui se dit est toujours faux, on ne fait que se mentir à soi- même. Areum lui rétorque que seule la fidélité à une croyance (et partant, on la voit venir, la fidélité dans l’amour !), peu importe cette croyance, et qu’importe la réalité, permet à chacun d’être heureux. Ou comment Hong Sangsoo excelle à rabattre les grands problèmes existentiels sur de simples questions libidinales. Que vous aimiez ou pas vous saouler au soju, venez trinquer !