Leave No Trace

De Debra Granik. États-Unis. 2018. 1h49. VOST.
Avec Ben Foster, Thomasin McKenzie, Jeff Kober …

– Séances du 10 au 16 octobre –

Jeu, Ven, Lun, Mar: 12h00

Coup de cœur de l’Eldorado, Leave No Trace est un joyau de simplicité cinématographique, d’émotion vive et d’intelligence. Les questions qu’il pose sont de toute variété et traitées avec la plus grande finesse : la vie autrement que comme esclave autrement que comme consommateur, la vie entre un père et une fille qui ont chacun leur point de vue, les impasses d’une vie qui refuse tout de son époque, celles aussi d’une vie, plus terrible encore, qui accepte tout…

Depuis longtemps si l’on pense aux trappeurs ou à l’influence de Thoreau et Emerson au 19ème siècle, mais depuis 10 ans seulement dans le cinéma américain, se développe le motif d’un refus du monde marchand avec cette idée (fausse au final) que la forêt pourrait se révéler un bon refuge à l’horreur capitaliste (Into the Wild, Old JoyNight Moves, Captain Fantastic…). Là, dans Leave No Trace, nous dépassons le cadre strict de la survie dans les bois pour participer à la splendeur du spectacle des fines variations émotionnelles des deux personnages principaux : un père et sa fille, embourbés dans une fuite sylvestre pour échapper au monde des Américains, leurs semblables. Perdu au milieu des arbres de l’Oregon, cultivant un peu, thésaurisant l’eau, cueillant des champignons, le duo va rencontrer les pires difficultés ainsi qu’une série d’humains qui vont contrarier leurs objectifs. D’autant plus que la jeune fille (quelle actrice incroyable d’ailleurs !) commence à sentir le besoin des autres…

Nous avions un très bon souvenir de son premier long-métrage, Winter’s Bone, sorti en 2011. Leave No Trace est la confirmation que Debra Granik est une cinéaste passionnante. Proche de l’univers de cette autre cinéaste américaine que nous adorons, Kelly Reichardt.

Bande annonce ICI

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