L’ombre de Goya

De José-Luis López Linares. France, Espagne. 2022. 1h30.
Avec Jean-Claude Carrière…

– horaires du 21 au 27 septembre –

Séance spéciale : lundi 26 septembre à 20h00
en présence de Sophie Harent, directrice du Musée Magnin

Mer, Sam: 17h30
Jeu, Dim, Mar: 12h00
Ven: 19h10
Lun: 20h00

Auteur d’un très beau documentaire sur Jérôme Bosch, José-Luis López Linares a accompagné Jean-Claude Carrière en Espagne, sur les traces de Francisco Goya. Une heure trente d’intelligence.
L’ombre de Goya s’ouvre dans un train. Au début des années 2020, Jean-Claude Carrière se rend en Espagne. On le sait aujourd’hui, ce sera sa dernière traversée des Pyrénées. Carrière s’appuie sur une canne, mais sa voix grave et son œil malicieux, gardent l’éclat du temps présent. Il part à la rencontre d’un fantôme qui n’a jamais cessé de le hanter : celui de Francisco Goya. On le suivra dans les musées, les chapelles ou le village natal du peintre. Au fil des escales, l’ombre de Goya se mêle à celle de Carrière mais aussi à celles de ceux qu’il a côtoyés, à commencer par Luis Buñuel. Buñuel et Goya partagent en effet les paysages d’Aragon qui les ont vus grandir, la surdité qui les a frappés, l’expérience de l’exil qu’ils ont chacun éprouvée…
Au Prado, Carrière retrouve les deux Maja : la « vestida » et la « desnuda ». Il fixe ce regard fascinant qui semble murmurer : qu’est-ce que tu attends ? Il est venu ici toute sa vie. Quelque cent soixante-dix ans séparent ces deux « maja » et Cet obscur objet du désir de Buñuel. Pourtant, toutes proches, ces œuvres pourraient échanger leurs titres. Tandis que nous séparons les siècles ou scandons l’histoire pour mieux l’écrire, l’art opère des raccourcis dans le temps. Il n’y a pas de rupture. De même, les guerres qu’évoquait Goya, la misère qu’il a embrassée de son regard… ricochent jusqu’à nos jours. Voilà pourquoi, hélas, la violence de sa peinture nous est si familière…