Montage mon beau souci

Cycle de films choisis afin de méditer sur l’art du montage au cinéma
jusqu’au 25 avril

«Si mettre en scène est un regard, monter est un battement de cœur ». Voilà ce qu’écrivait Jean- Luc Godard dans un célèbre texte de 1965 consacré au montage : Montage mon beau souci. Avec poésie il montrait à quel point le cinéma est un art de la combinaison, de l’agencement d’images et de sons et c’est essentiellement cela qui le rend différent des autres formes artistiques.
Nous avons sélectionné une série de films en fonction de ce critère : leur qualité ou leur invention dans l’art du montage.
Des films comme Naissance d’une Nation de Griffith ou L’homme à la caméra ont une importance capitale dans l’histoire du montage car ils ont, soit fixé un certain nombre de codes de langage, soit expérimenté tout azimut et ouvert de nouvelles possibilités langagières.
La nuit du chasseur ou Bande à part sont ici comme exemple d’une beauté formelle terriblement inventive dans leur montage même.
Carnet de notes pour une Orestie africaine ou les rushes (rarissimes !) de Viva Mexico ! d’Eisenstein, intitulé Death Day nous montrent quant à eux, une pensée de la fabrication des films, avant ou pendant le montage.
Enfin, nous avons trouvé des petites pépites qui ont chacune en leur temps redéfini la notion de montage : Germaine Dulac et sa magnifique Étude cinématographique sur une arabesque, la grande figure du cinéma expérimental Maya Deren avec son Meshes of the afternoon (1943) et enfin Guy Debord qui par un montage en forme de mise à distance (héritée de Brecht d’ailleurs) tente de modifier l’une des caractéristiques de la « société du spectacle » : la séparation de l’être et de sa propre représentation, dans Critique de la séparation (1961).

Naissance d’une Nation de D.W. Griffith (1915, 3h13, Muet)
Jeudi 20 avril à 20h

L’homme à la Caméra
de Dziga Vertov (1929, 1h08, Muet)
Samedi 22 avril à 18h00

La nuit du chasseur de Charles Laughton (1956, 1h33, VOST)
Vendredi 21 avril à 20h15
Discussion avec Stéphane Castang,
réalisateur, auteur et comédien

Bande à part de Jean-Luc Godard (1964, 1h37, projection 35mm)
Vendredi 21 avril à 18h

Carnet de notes pour une Orestie africaine de Pier Paolo Pasolini (1970, 1h12, VOST, projection 35mm)
Mardi 18 avril à 18h00
Mercredi 19 avril à 18h00

Avant-Gardes
programme de 4 courts-métrages (durée totale 1h) avec :
Étude cinématographique sur une arabesque de Germaine Dulac (1929, 8′)
Death Day de Sergeï Eisenstein (1931-34, 15′)
Meshes of the afternoon de Maya Deren (1943, 15′)
Critique de la séparation de Guy Debord (1961, 17′)
Dimanche 23 avril à 19h30