Nomadland

De Chloé Zhao. États-Unis. 2020. 1h48. VOST.
 Avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest…

Séances du 16 au 22 juin

Mer, Ven, Lun : 14h00 – 19h00
Jeu, Mar : 12h00 – 14h00 – 20h45
Sam, Dim : 13h00 – 17h00 – 20h45

Chloé Zhao nous revient enfin, et c’est pas peu dire que nous étions impatients de retrouver son cinéma, tant ces deux premiers longs-métrages nous ont fait de l’effet ! Avec Nomadland, elle embarque avec une production hautement vitaminée, menée par Frances McDormand (égérie des frères Coen, actrice chez Loach, Wes Anderson, Gus Van Sant, Sorrentino…rôle titre de Three Billboards, les panneaux de la vengeance) qui s’empare du rôle principal. Fern, c’est elle. On la découvre renfrognée et déterminée, quittant Empire, Nevada. Empire, ville d’extraction du gypse, ville corporation créée de toutes pièces par la United States Gypsum Corporation, ville en train de disparaitre géographiquement (son code postal a été supprimé) et symboliquement depuis la fermeture de l’usine. À la soixantaine trébuchante, tout ce qui composait la vie de Fern s’est évanoui, son mari est mort, et il n’y a plus âme qui vive alentour. Elle prend alors la route, accompagnée de son Vanguard, qui fait d’elle une nomade. Au fil des paysages, des galères, des joies simples retrouvées, Fern croisera la route d’autres comme elle, hobos des temps modernes, exilés du libéralisme. Entre deux boulots anonymes et saisonniers pour les Gafa environnantes, Fern embrasse un mode de vie né de la nécessité de survivre dans un monde hyper performant et hyper compétitif. Mais pas seulement. Par cette force simple enfouie au fond des hommes, elle s’extirpe du capitalisme et retrouve les origines de l’errance et d’une forme de liberté. Sous une tente, dans un van, à la belle étoile, les marges se regroupent et forment une communauté constellaire, faisant la nique au monde en marche forcée qui parfois transperce l’image en arrière plan.
Mélangeant savamment documentaire et fiction, basé sur des faits réels et des personnages existants (dont certains jouent leur propre rôle), dans un splendide cinémascope travaillé en basses lumières, Nomadland est finalement un film sur la croyance qui sait surgir et vous happer, et un hommage au cinéma, qui, quand il est beau comme il sait l’être ici, nous permet une traversée, dans tous les sens de l’imaginaire. 

Bande annonce