Petite maman

De Céline Sciamma. France. 2021. 1h12
Avec Joséphine Sanz, Gabrielle Sanz, Nina Meurisse…

Séances du 16 au 22 juin

Tous les jours (sauf Jeu, Mar) : 17h30
Jeu, Mar : 18h15

Céline Sciamma quitte le film-tract, après Bandes de filles et son très beau Portrait de la jeune fille en feu, et vient nous cueillir par surprise avec un film de poche dont la pureté et la sensibilité sont bouleversantes. Tout semble minimaliste dans cette Petite Maman : son budget, le temps rapide de sa fabrication, l’espace de ses plans à l’écran, les décors serrés de ses maisons jumelles… comme s’il s’agissait d’une œuvre mineure et d’une récréation entre 2 films lourds. Et pourtant…

Une mère, un père et leur fille, vident la maison de la grand-mère maternelle qui vient de mourir. Le petit jardin de derrière touche un bois. En plein automne, Nelly, la petite fille de 8 ans, va y faire une rencontre fantastique. Mais n’en disons pas plus sur ce scénario très beau qui va voir les personnages et les lieux se dédoubler. Son originalité tient à des choses très simples. Nous suivons par exemple les variations de vitesse de réalisation d’un geste de Nelly, qu’elle mange ses chocapics, boive dans une gourde bleue ou frappe dans la balle du jokari, étranges changements, comme les reflets multiples d’un tableau de maître. Et nous déambulons, tout aussi simplement, à hauteur d’enfant, d’une pièce à l’autre des maisons jumelles, et dans les couleurs automnales du bois qui les séparent, beauté des balades chromatiques et des courses tendues. Pour plus de plaisir, laissons-nous porter par ce que le défilé d’images propose. Au pied de la lettre. Une démarche claudique, la canne de la grand-mère sur laquelle le film insiste, un nuage orange s’inscrit sur le mur de la chambre comme la bulle d’une BD, un lit, parfois vide, parfois habité d’un corps, cette porte de rangement dans le couloir, les motifs du papier peint… tout concourt à la création d’un mystère réussi, aucune solution trop aboutie n’est donnée. Dans un cinéma néma dénué d’effets tape-à-l’œil, Sciamma filme une fille qui rencontre sa maman, sans hiérarchie d’âge, à égalité d’être.

Bande annonce

Dossier de presse