Rodin

de Jacques Doillon. France. 2017. 1h59.
Avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele..


Horaires du 21 au 27 juin :

Mer, Dim, Lun: 17h50
Jeu: 18h30
Ven: 11h45 | 17h50
Sam: 11h50 | 17h50
Mar: 11h45

Sélection officielle Cannes 2017

Paris 1880, le talent Rodin commence à être remarqué et il reçoit à quarante ans sa première commande de l’État : la porte de l’Enfer, inspirée par « L’Enfer » de Dante où souffrent pour l’éternité les hommes punis pour avoir cédé à leurs passions.

Rodin, le sensuel, l’infidèle, restera toute sa vie avec la même femme, Rose Beuret, rencontrée alors qu’à vingt ans elle était apprentie couturière. Elle devint son modèle, puis leur relation devint plus routinière. Grande fille terrienne à la forte présence, c’est elle qui entretenait l’atelier, préparait à manger pour tous ceux qui venaient travailler avec le Maître et les maternait tous, fidèle à cet homme impossible à combler et qui n’a jamais cessé jusqu’à son dernier souffle d’être amoureux des femmes : quand Camille Claudel vient le voir dans son atelier, elle ne veut rien d’autre que sculpter. Il a 42 ans, elle en a tout juste 19, elle est pleine de vie et sa fantaisie joyeuse, l’intensité de son regard séduisent Rodin autant que son talent. Elle sera sa muse, son apprentie, sa collaboratrice, sa maîtresse.

Suivront dix ans de passion partagée, d’admiration réciproque, de complicité auxquels Camille mettra un terme. « Je suis venu chez vous, lui dira celui qui fut un temps son secrétaire, Rainer Maria Rilke, pour demander comment il faut vivre. Et vous m’avez répondu : en travaillant ». Une réponse que Doillon reprend à son compte, dans un film exigeant tourné dans les lieux mêmes ou vécut Rodin : sa maison de Meudon. On imagine qu’il n’est pas anodin de se glisser ainsi dans des lieux empreints d’une telle présence et qu’il ne pouvait que se produire une forme d’identification qui se ressent à travers des images dont les couleurs ne sont jamais agressives, mais sensuelles, fortes et douces. Troublant voyage dans le temps que la vision de la silhouette de Lindon rend encore plus concret tant il semble « ancré au sol », familier de ce décor.

Toutes les œuvres du film ne sont pas des originaux, mais des reproductions réalisées par une dizaine de sculpteurs qui restituent les étapes et mécanismes de la création avec toutes les techniques qu’utilisait Rodin : assemblage, fragmentation, agrandissement : ne pas trahir les gestes, donner à sentir l’œuvre de création en train de naître. Le musée Rodin a ouvert son immense documentation, prêté sculptures, outils ou accessoires, ajoutant à la touche poétique et humaine un petit plus d’authenticité.

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