Tenet

De Christopher Nolan. États-Unis. 2020. 2h30. VOST.
Avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki

– séances du 16 au 22 septembre –

Mer, Sam, Dim: 20h00
Jeu, Ven:
17h30
Lun:
15h00

L’intensité et la gravité de John David Washington (que l’on avait aimé dans un autre registre dans BlacKkKlansman) est pour beaucoup dans l’envoûtement que crée Tenet. En même temps qu’il découvre son rôle d’espion-soldat, il découvre la possibilité physique qu’ont les objets et les êtres humains de traverser le temps en sens contraire. Un groupe d’êtres humains marche à l’endroit et un autre à l’envers, et selon le point de vue, l’envers et l’endroit s’inversent bien sûr !
L’enchevêtrement des scènes d’action est ainsi rendu complexe et nerveux dès le départ. Le monde se trouve menacé d’attaques venues du passé ou du futur, il est en état d’instabilité permanente, comme en ébullition, tout comme nous, spectateurs, à la fois éblouis par la virtuosité des séquences et étourdis par le caractère presqu’indéchiffrable de ce qui se déroule sous nos yeux. Et pourtant, dans ce chaotique fracas, une permanence : le corps campé, le regard intense et la voix grave de Washington nous laissent entrevoir un petit fil ténu, celui de la poésie fragile de ce film, comme une idée de la texture du temps et de la délicieuse absence de tout dieu. C’est un peu tout Nolan non ? Ne montrer presque que de la lourdeur et de la gravité pour finalement nous parler de finesse et de légèreté. C’est un peu comme, désirant montrer de l’herbe, il ne filmait que des surfaces de béton. Il finirait par la trouver bien sûr, mais diable quel chemin !
Et nous, au final, ce type d’entreprise, ça nous plaît beaucoup !

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