Vittorio De Seta : cinéaste de la géographie humaine

Du 29 juin au 12 juillet
Bandits à Orgosolo
& un programme de courts-métrages documentaires

– séances du 29 juin au 5 juillet –

Bandits à Orgosolo

Mer, Sam, Dim: 17h15 Jeu: 18h45
Ven, Lun, Mar: 15h15

Les documentaires de De Seta
Jeu: 15h15
Ven: 18h45

Vittorio De Seta est né en 1923 à Palerme (Italie) dans une famille aristocratique d’origine calabraise. Après avoir étudié l’architecture à Rome, il se dirige vers le cinéma et devient assistant. Reconnu tardivement, il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus importants documentaristes de l’après-guerre.

Les documentaires de De Seta, auteur méconnu que l’on redécouvre peu à peu, s’inscrivent précisément au carrefour de cette dialectique. A tel point que De Seta, à force de jeter des ponts entre les deux genres, finira par tourner trois fictions, dont le remarquable Bandits à Orgosolo – l’histoire d’un berger hors la loi, largement documentée par la réalité des bergers sardes tirée de l’un de ses précédents courts-métrages, Bergers d’Orgosolo.

Dans le sillage ethnodocumentaire de l’américain Robert Flaherty – réalisateur entre autres du célèbre Nanouk l’Esquimau (1922) et de L’Homme d’Aran (1934) –, Vittorio De Seta enregistre entre 1954 et 1959 dix courts-métrages sur la vie quotidienne des habitants du sud de l’Italie (Sicile, Calabre, Sardaigne et îles Eoliennes).

“Dix courts métrages ont imposé Vittorio De Seta comme un des plus grands cinéastes de la géographie humaine, dix documentaires réalisés entre 1954 et 1959, dont il assurait seul toutes les étapes : production, prise de vues, montage, sonorisation. Tous sont filmés en technicolor, le plus souvent en cinémascope, et mettent en scène, sans commentaire, accompagnés seulement des bruits du travail ancestral et des mélodies des chants populaires, pêcheurs, bergers, paysans et ouvriers mineurs des terres arides de l’Italie du Sud, de la Sicile, de la Sardaigne ou de la Calabre. Tournant le dos au folklore, à l’anecdote, au décoratif qui, dans ces années-là, caractérisaient le néoréalisme finissant, peu à peu travesti en réalisme rose, De Seta filme les gestes et les corps en relation intime avec le territoire qui les fait vivre, comme autant d’apparitions portant le témoignage et la trace d’une culture paysanne immémoriale et universelle dont « Banditi a Orgosolo », son premier long métrage de fiction, pressent la fin et « In Calabria », son dernier film en date, atteste de la perte définitive.” (Patrick Leboutte)