Films présentés

La scandaleuse de Berlin  (A foreign affair)

Vendredi 24 juin 20h00
de Billy Wilder. États-Unis. 1948. 1h56. VOST
Avec Marlene Dietrich, Jean Arthur, John Lund…

« Lors de son séjour berlinois, Billy Wilder a accumulé les notes et pris de nombreuses photos. Or ni ce qu’il a pu voir ni Death Mills (court-métrage documentaire sur les camps) ne l’ont convaincu que le documentaire est le moyen approprié pour éveiller les consciences. La fiction y pourvoirait mieux, selon lui. Au cours de l’été (1945) où il supervise le montage de Death Mills, il rédige un mémo en ce sens. Le cinéaste ne craint pas d’y parler de « propagande par le divertissement ». Une telle combinaison, soutient-il, serait plus apte à contribuer à une rééducation de la population allemande. Le film auquel pense Wilder comporterait une histoire d’amour « conçue avec intelligence pour nous aider à vendre quelques arguments idéologiques ».
A foreign affair sera ce film. Et comme Wilder l’a annoncé, il racontera une histoire d’amour. Dans les ruines de Berlin, il en racontera même deux. La première entre le capitaine Pringle (John Lund) et Erika von Schlütow (Marlene Dieitrich), chanteuse de cabaret suspectée d’avoir gardé une proximité avec un ex-dignitaire nazi. Et la seconde entre le même capitaine et Phoebe Frost (Jean Arthur), membre d’une commission envoyée par le Congrès Américain afin d’étudier le moral des troupes d’occupation… »
Extrait de Gravité d’Emmanuel Burdeau.

 

Stalag 17 

Samedi 25 juin à 10h00
de Billy Wilder. États-Unis. 1953. 2h00. VOST
Avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger…

« Dans les pauses de son intrigue, la recherche de la taupe, Stalag 17 déroule une succession de numéros comiques : les facéties d’Animal (Robert Strauss), futur concierge de The seven year itch (Sept ans de réflexion), et Harry Shapiro (Harvey Lembeck), les imitations, les déguisements et les danses, les moqueries en direction du « facteur », dont chacun contrefait la voix nasillarde… Chaque film de prisonniers a ses jeux : ne songeons qu’à La Grande Illusion (1937) de Jean Renoir. Stalag 17 va plus loin. La comédie y connaît une généralisation telle que le pourtant débonnaire sergent Schultz déplore d’avoir affaire à des clowns. Il semblerait que désormais, l’ennemi n’apparaisse plus tel par son agressivité, mais par sa complaisance. »
Extrait de Gravité d’Emmanuel Burdeau.

 

Un, Deux, Trois  

Samedi 25 juin à 14h00
de Billy Wilder. États-Unis. 1961. 1h55. VOST
Avec James Cagney, Horst Buchholz, Pamela Tiffin…

« One, Two, Three a la réputation d’être une des comédies les plus rapides de l’histoire, par le nombre de gags produits à la minute et par la cadence de ses dialogues. Wilder aurait, disait-il, renoncé au projet s’il n’avait pu obtenir James Cagney pour le rôle principal. L’acteur ne tournait déjà presque plus. Cagney avait été danseur avant de devenir la bondissante vedette des films de gangsters de la Warner. Nul autre n’aurait pu mener le film au rythme du débit de mitraillette, des claquements de doigts et des « Next! » hurlés à ses subordonnés par C.R. MacNamara.
Tout est à l’avenant dans One, Two, Three : aucun sujet, de la conquête spatiale à la maternité, du capitalisme à la révolution, qui ne fasse l’objet de réparties supposément bien senties à travers lesquelles les uns et les autres se présentent comme partie prenante d’un devenir-comédie généralisé. »
Extrait de Gravité d’Emmanuel Burdeau.