Cycle Jacques Rivette

Cycle Jacques Rivette
du 18 mai au 7 juin

C’est le plus secret, et donc sans doute aussi le moins connu, des Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague. Nous allons plonger pendant trois semaines dans l’oeuvre de Jacques Rivette, l’ancien Saint-Just de la critique, féroce et tranchant, aux Cahiers du Cinéma, théoricien fondateur de la modernité cinématographique, devenu le cinéaste des jeux de pistes, des sociétés secrètes et des complots.
Explosion de drôlerie et de gaïeté, Céline et Julie vont en bateau (1973), est porté par son époque qui vient de vivre les tremblements de la libération sexuelle, de l’émancipation féminine, d’une modernité pleine d’insolence et de sagacité qui trouve encore résonance aujourd’hui.
La Bande des quatre (1987) raconte la manière dont les filles conspirent à éliminer des hommes qui sont toujours de trop. Ce film réussit ainsi une sorte d’équilibre miraculeux et gracieux entre une fable politique, un thriller balzacien, un documentaire nervalien sur Paris et ses marges et une observation des différents âges de la femme et surtout des métamorphoses enchanteresses des actrices.
La Belle Noiseuse (1990) est une histoire de magnétisation réciproque d’un peintre et de son modèle dans laquelle il explore métaphoriquement, mais tout aussi matériellement qu’un sculpteur sa glaise, le rapport entre le cinéaste et son actrice. Car, comme il l’écrivait : « Quel est le but du cinéma ? Que le monde réel, tel qu’offert sur l’écran, soit aussi une idée du monde. Il faut voir le monde comme une idée, il faut le penser comme concret. »
Haut, Bas, Fragile (1994) fait le récit d’un été en chansons au cours duquel trois jeunes filles vont apprendre à changer de vie, avec l’aide d’un énigmatique passeur. La nouveauté dans ce film, ce sont les numéros dansants et chantés qui récapitulent à chaque fois l’un des nœuds de l’intrigue : apprentissage de l’amour, de l’amitié, de l’âge adulte.
Va savoir (2000) met en scène une nouvelle variation sur le dédale entre vie et théâtre, entre les croisements amoureux, entre la parole et les corps, avec les toits de Paris comme terrain de jeu et ligne de fuite à la Feuillade. Dans cette comédie gracieuse qui fut aussi un joli succès, Rivette ajoute de beaux spécimen à son bestiaire d’acteurs : Sergio Castellito, Marianne Basler, Jacques Bonaffé et surtout Jeanne Balibar en aérienne majesté.
La Bande des quatre (1987, 2h40)
La Belle Noiseuse (1990, 4h00)
Va savoir (2000, 3h40)