La traversée du temps

De Mamoru Hosoda. Japon. 2007. 1h38. VF ou VOST au choix.
Dès 8 ans.

Makoto est une adolescente qui vit à Tokyo. Elle mène une vie paisible entre les repas en famille, les disputes avec sa petite sœur et ses obligations de lycéenne dont elle s’acquitte avec une certaine nonchalance. En ce début d’été, ce qu’elle préfère faire c’est jouer au base-ball avec ses deux grands amis, Chiaki et Kôsuke. Mais sa vie prend un tour inattendu et étrange le jour où elle découvre une capsule qui lui donne le pouvoir de voyager dans le temps. Pouvant désormais remonter le temps, elle peut décider de modifier le cours des choses.Mais,petit à petit, elle prendra conscience de la responsabilité que fait peser chacun de nos actes sur la vie des autres.
Mamoru Hosoda (réalisateur des Enfants loups entre autres) adapte un roman culte au Japon, écrit dans les années 60 par Yasutaka Tsutsui. L’héroïne de Tsutsui est devenue la « tante sorcière » de Makoto dans le film d’Hosoda. Ainsi deux filles traversent le temps, l’une traversait le temps autrefois, l’autre le traverse aujourd’hui. C’est tout l’enjeu pour le réalisateur de La traversée du temps : parler de ce qui évolue avec les époques et de ce qui demeure immuable. C’est pour cette raison que La Traversée du temps, adaptée à de multiples reprises peut-être racontée différemment à chaque époque avec les mots et le style des jeunes filles de chaque époque. Le film de Mamoru Hosoda est ancré dans univers lycéen et urbain très réaliste fait de maints détails dessinés qui magnifient une certaine beauté du quotidien. Mais subtilement le temps du film se dérègle grâce à l’intervention d’une capsule magique qui fait basculer une partie invisible de la vie des protagonistes dans le surnaturel le plus fantastique. Cette subtile alliance du réalisme et du fantastique est une des grandes forces du film.
C’est aussi un film marqué par le mélange des registres mélancoliques et burlesques, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Les impressions et les atmosphères sont travaillées pour donner spécifiquement cette sensation du temps qui s’étire, qui passe inexorablement : paysages d’été, sensations des saisons, souvenirs d’été. Ce temps que Makoto essaie à tout prix de suspendre. Mais le film est aussi très drôle et burlesque puisque ce pouvoir conféré à Makoto donne lieu à de truculentes séquences de répétitions, d’autant plus drôles que Makoto a besoin pour se servir de son don de se lancer dans d’impressionnantes acrobaties physiques, donnant au film un côté très slapstick. Enfin l’histoire est surtout celle d’une adolescence insouciante et nonchalante qui prend la mesure de l’importance de ses choix dans l’orientation quelle donnera à sa vie.

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