L’enfance d’Ivan

de Andreï Tarkovski. Russie. 1962. 1h35. VOST.
Avec Nikolai Burlyayev, Valentin Zubkov, Dimitri Miljutenko…

– à partir du 13 décembre –

Andreï Tarkovski s’impose dès son premier long métrage comme un cinéaste majeur. Il arrive sur le projet Ivan, alors que celui-ci a déjà été entamé par un autre réalisateur que le studio cherche à remplacer suite à de premiers rushs désastreux. Avec un budget négligeable et en un temps record, le jeune réalisateur réécrit le scénario, change le casting et tourne un film où pas un seul plan de la première version ne sera utilisé, et qui obtient le Lion d’or à Venise. C’est un film non sur un enfant pendant la guerre, mais sur la guerre à l’intérieur d’un enfant, comme le note avec justesse Jean-Paul Sartre, car « ce garçon, que l’on ne peut s’empêcher d’aimer, a été forgé par la violence, il l’a intériorisée ». C’est Nikolaï Bourliaev qui l’incarne, ce garçon « comme on n’en a jamais vu à l’écran », un jeune anguleux, coupant, sûr de lui. Le film entremêle rêve et réalité, pour donner à voir l’esprit du personnage, ce par quoi il est habité, autant que le monde qu’il a à traverser.

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