La Lettre d’Archimède # 102

Le Devosge passera-t-il l’été ?

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Actualités

Eldorama, une séance de films invisibles (ou presque) réalisés en région / par Collectif Eldo

Lost memories de Mathilde Rachet, photo : Marion Hamelin.

Si le Festival Télérama vous a convaincus de voir ou de revoir des films forts de l’année 2018, Collectif Eldo s’apprête à vous faire découvrir des créations originales avec Eldorama, une séance composée de quatre courts-métrages de la région en présence des réalisateurs. Énigmatiques, poétiques, osés, ou différents, il se peut que des films ne trouvent pas de distributeurs après une première diffusion en festival, leur donnant accès à une sortie en salles. Collectif Eldo, soucieux de soutenir le cinéma indépendant dans toute sa diversité, la création fragile et l’autoproduction, a lancé un appel à films localement afin de permettre à quatre films d’être projetés à l’Eldorado. La suite prochainement…


Retards

2018 dans le rétroviseur

Rutilances et misères de 2018. L’année cinématographique de Moyocoyani

Mektoub, My Love: Canto uno

Commençons par lister les quelques films que je n’ai pas trouvé le temps de voir malgré mon désir, et qui auraient à mon avis pu informer ce « top », bonne manière aussi (je crois) d’introduire ce que j’attendais de 2018 : Jusqu’à la gardeLetoLes Garçons sauvagesTrois VisagesThe Rider, ClimaxLa Caméra de Claire, The Guilty.

Avouons ensuite à regret que l’année fut ponctuée de semi-déceptions, sans qu’aucun film bouleversant, aucun chef-d’œuvre personnel, ne parvienne à la relever. Pourtant elle s’est partiellement caractérisée par une audace de cinémas d’auteur à laquelle j’aurais cru être très sensible, dans le genre, dans l’horreur ou dans le western. La suite prochainement…

2018 l’année des idiots / par Neyton Cará

I Feel Good

« Putain, il va vraiment pas bien… ! » sont les premiers mots prononcés par Adèle Haenel, dans le film En liberté, quand son personnage suit les premiers pas de Pio Marmaĩ sortant de prison, après y avoir été incarcéré à tort pendant de longs mois. Ces propos, les spectateurs de I Feel Good auraient pu les tenir aussi, à la vision de Jean Dujardin marchant les mains dans les poches de son peignoir blanc sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute. Si quelque chose ne tournait pas rond dans la tête de ces personnages, ils n’étaient pas seuls dans ce cas : Cornélius, le meunier hurlant, le père et le fils artistes de The Last Family, tous les personnages d’Au poste, Diamantino et Lazzaro partageaient un égal décalage dans leur pensée et leurs comportements devant les situations de la vie courante. La suite prochainement…

2018, année non cinématographique / par Brice

Archimède, 

je t’écris dans un état d’ébriété avancé, il ne faudra donc pas t’alarmer si tu trouves le propos suivant incohérent, inapproprié, voire un peu des deux. D’autant que je t’écris depuis ma tablette, dans mon lit, à une heure elle aussi un peu incongrue. Excuse donc par avance les tournures de phrases maladroites et les fautes d’orthographe qui auront pu se glisser ça et là. Mais il se trouve que, par le biais de ta dernière lettre, je me suis senti invité (oui, personnellement…) à m’exprimer sur mon année cinématographique. Or, pour la première fois depuis au moins 25 ans, elle ne l’a pas été du tout, cinématographique, cette année. La suite prochainement…


Tribune

Miraï ou une autre affaire de famille / par Neyton Cará

Miraï, ma petite sœur

À celles et ceux qui ont aimé Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, je ne saurais trop conseiller d’aller voir à l’Eldorado un autre film japonais qui a aussi pour thème la famille : Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda. Certes, il s’agit d’un dessin animé, mais on aurait tort de penser qu’il ne s’adresse qu’aux enfants. Miraï raconte la vie d’une famille après la naissance d’un second enfant, une petite fille prénommée Miraï. Cette chronique familiale est étonnamment juste et réaliste, tout sauf édulcorée comme dans la plupart des films d’animations pour les enfants. Les parents y sont souvent dépassés par la tâche d’élever leurs enfants : ils doutent de leurs capacités à être une bonne mère et un bon père. La suite prochainement…

La Mule / par Moyocoyani

Un vieil horticulteur dans sa pépinière plaisante avec ses employés mexicains dans un espagnol très approximatif, à côté de sa maison arborant l’inévitable drapeau états-unien. Connaitre le cinéma d’Eastwood et les polémiques l’entourant régulièrement fait interpréter ce début dans le pire sens possible, comme l’Éden réactionnaire souvent vanté par le réalisateur. Mais voilà que cette image et notre préjugé éclatent quand on découvre que ce vieillard charmeur et bon vivant ne réussit professionnellement qu’en abandonnant sa famille, et que ce choix de vie et cette fermeture d’esprit le condamnent quelques années plus tard à la ruine relationnelle et financière (Internet, dont il se moquait, a détruit le jardinage traditionnel). La suite prochainement…


Roma/Une affaire de famille / par Moyocoyani

Une affaire de famille

À deux jours d’intervalle paraissaient, les 12 et 14 décembre, Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda et Roma d’Alfonso Cuaron, la Palme d’or et le Lion d’or, le premier dans les salles obscures, le second sur Netflix, tous deux s’intéressant aux marges de la société.

Un thème qui traverse tout le cinéma du réalisateur japonais, et n’étonne chez le Mexicain que parce qu’il a dirigé coup sur coup un Harry PotterLes Fils de l’HommeGravity et la série Believe. On en attendait donc davantage la poursuite d’expérimentations formelles dans des productions états-uniennes que cette espèce de retour aux sources, aux tonalités autobiographiques, puisque Roma se déroule dans le quartier homonyme de Mexico (Colonia Roma) et dans les années 1970, celles de la jeunesse de Cuaron. La suite prochainement…


Santiago, Italia / par Moyocoyani

Santago, Italia

La première partie du documentaire Santiago, Italia de Nanni Moretti présente l’histoire du Chili sous Allende, de son accession au pouvoir et de la liesse populaire qui en découla à son assassinat puis à la junte militaire qui lui succéda avec barbarie. Quelques rares images d’archive alternent avec des morceaux de discours frontalement récoltés auprès de quidams — le seul détail qui distingue ces débuts d’un documentaire télévisuel, où les intervenants seraient au moins des historiens où des personnalités ayant influé sur les événements. Cette section m’a rappelé une question inévitable (du moins à laquelle je n’échappe pas) quand on est face à un documentaire : qu’est-ce qui le rend légitime à être diffusé dans une salle obscure ? La suite prochainement…


Chronique de tractage # 5 / OTAR, Opération Origami

Do the Right Thing

Aux Cahiers du Cinéma, il y a cette idée que les films parlent toujours un peu du cinéma. À mon humble niveau, il m’arrive aussi de chercher dans les films, ce qu’ils peuvent nous dire sur… les Tracteurs de l’Eldo !

Ainsi, dans Do the Right Thing, Spike Lee rendait un discret hommage aux tracteurs, à leur présence dans l’espace public et à leurs discussions de trottoirs, hommage tout à fait visionnaire puisque le film fut tourné 25 ans avant l’arrivée des Tracteurs de l’Eldo.

Mais le cinéaste qui parle le mieux des Tracteurs de l’Eldo est sans conteste Otar Iosseliani. La suite prochainement…

Dijon vu par le Facteur de l’Eldo # 4 / Voyage à Movieland

Movieland

Quels cadeaux peut-on offrir au facteur de l’Eldo pour ses étrennes ? Une nouvelle sacoche, une pompe à vélo, des rustines, un gilet jaune, une carte routière ? Cette pratique des étrennes s’étant un peu perdue, j’ai décidé de me faire un cadeau moi-même et j’ai opté pour la carte routière, Archimède m’ayant promis les rustines. Je me suis rendu, à vélo, à la librairie indépendante La Fleur qui pousse… où j’ai commandé un guide de voyage et sa carte routière qui semblaient faits pour moi : Movieland.

Fait pour moi parce que, lors de mes tournées, il arrive fréquemment que les lieux traversés me remettent en mémoire des films qui m’ont marqué ou bien que j’ai pu voir récemment : ainsi, quand je traverse les jardins du CHS de la Chartreuse, il m’arrive de penser au film de Wang Bing, À la folie ; en passant par le parc des sports, dernièrement, la vision d’une promeneuse tenant un yorkshire en laisse m’a immédiatement remis à l’esprit Diamantino et ses petits chiens poilus. La suite prochainement…

Film mystère # 102 (et solution du film mystère # 101)

Film mystère # 102

Pour jouer, reconnaissez le film mystère dont est extrait le photogramme, envoyez son titre et le nom de son réalisateur par courrier électronique à l’adresse archimede@cinema-eldorado.com. Un bulletin sera tiré au sort parmi les bonnes réponses reçues avant le vendredi 27 juin minuit et fera gagner deux places de cinéma (à retirer à l’accueil de l’Eldorado) à son auteur. Bonne chance !

Le titre du film mystère apparaît sur la marquise d’un cinéma dans le premier film de Paul Dano, Wildlife. Une saison ardente (Wildlife ; 2018), mélodrame de facture classique décrivant la vision du monde des adultes par un adolescent qui découvre en la photographie non un instrument créateur d’illusion mais un outil de dévoilement, et d’acceptation, de la douleur que le réel recèle, une œuvre émouvante et réussie. La suite prochainement…


Contact

Vous voulez réagir ou proposer un texte, vous pouvez m’écrire à archimede@cinema-eldorado.com. ou à l’adresse du cinéma si vous préférez la voie postale :

Archimède
c/o Cinéma Eldorado
21 RUE ALFRED DE MUSSET
21000 DIJON

Vous pouvez accéder aux précédentes Lettres sur le site de l’Eldorado : https://cinemaeldorado.wordpress.com/la-lettre/.

Pour recevoir la Lettre par courrier électronique, communiquez votre adresse mail à l’Eldorado (une boîte aux lettres est prévue à cet effet à l’accueil) ou à l’adresse archimede@cinema-eldorado.com.

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