La Lettre d’Archimède # 100

Chante, ô presse, le courroux de l’Olympia

L’Olympia n’est pas content, cela nous arrive à tous. Quand l’Olympia n’est pas content, il le fait savoir sur les réseaux sociaux. Ça, je ne le fais pas, je n’en ai pas le réflexe, mais, moi aussi, je pousse un coup de gueule et qui me croise sait que je suis colère. Je le regrette souvent peu après et me promets de me maitriser lorsque je ferai face à une nouvelle contrariété. L’Olympia a sans doute, lui aussi, regretté le post vengeur, puisque celui-ci disparût deux heures après avoir été publié. Nous n’aurions rien su de ce mouvement d’humeur sans la vigilance d’une journaliste du Bien public qui estima que l’information méritait d’être traitée dans le numéro du 26 octobre dernier, certes en page 16 mais avec une accroche en une, « Dijon : À nouveau la guerre des cinémas ? ». C’est une des grandes différences entre l’Olympia et moi : tout le monde ou presque n’a que faire de mes emportements et je ne peux que grommeler dans mon coin.

Donc, l’Olympia n’est pas content. Il a été « empêché de diffuser un film en version originale », précisément First Man, et pointe du doigt le responsable, le cinéma Eldorado qui porte « un coup bas particulièrement intelligent et pertinent qui va ravir notre public ». Dans l’article, l’Olympia explique que dans le cas d’un film art et essai, « les cinémas classés comme tels […] sont prioritaires » pour la VO, et affirme que ce n’est pas le cas du nouveau film de Damien Chazelle. Il suffit d’interroger le site de l’Association française des cinémas d’Art et essai pour vérifier que First Man est pourtant « recommandé Art & essai » (terminologie précise) et que l’Olympia se trompe donc. Le Ciné Cap Vert, qui a l’habitude de programmer des séances en version originale, s’était mieux renseigné puisqu’il n’a proposé que des séances en version française, et ce dès la première semaine d’exploitation. Par ailleurs, le Médiateur du cinéma, autorité administrative indépendante intervenant au nom de l’État dans les cas de litiges entre exploitants, aurait-il tranché en faveur de l’Eldorado si ce dernier avait été dans son tort ?

Aujourd’hui, la quasi-totalité des films non francophones (hors « jeune public ») ont droit à leurs séances en version originale lorsqu’ils sortent à Dijon. Les « cinéphiles obsessionnels » apprécient : j’ai pu ainsi voir le nouvel épisode de Halloween, réalisé par David Gordon Green dont les Prince of Texas et Joe étaient programmés à l’Eldo, sans devoir endurer le doublage. Les sourds et malentendants, ainsi que les étrangers et les étudiants désireux d’améliorer leur compréhension d’une langue étrangère, aussi. Si l’augmentation du nombre de séances proposées par les multiplexes de l’agglomération paraît confirmer la croissance du nombre de spectateurs qu’il me semble observer, le public de ces séances est sans doute trop souvent clairsemé. First Man étant typiquement de ces films dont la VO est capable d’attirer du monde, je comprends que l’Olympia ne soit pas content.

Ne vous y trompez pas, j’aime bien l’Olympia. Pour une programmation équivalente, je le préfère au Ciné Cap Vert, et pas seulement à cause de l’éloignement géographique du multiplexe de Quetigny. J’avoue néanmoins mon égoïsme de spectateur, si l’établissement de l’avenue Foch fermait, je sais que je pourrais voir les mêmes films à Quetigny. Ce n’est pas la même chose avec l’Eldorado. Dans quel autre cinéma pourrais-je voir les huit heures et demie du nouveau documentaire de Wang Bing, Les Âmes mortes, ou une rétrospective de quinze films d’Ingmar Bergman ? La perte des trois écrans de la rue Alfred-de-Musset serait sans commune mesure avec celles des dix de l’avenue Foch, sans parler des rencontres et des discussions que l’Eldo proposent chaque semaine. Qui croira qu’un des autres établissements dijonnais prendra le relai s’il fermait ?

Jusqu’au début de la décennie, il suffisait à l’Eldorado de diffuser chaque mois un ou deux films Art & essai des plus attractifs pour que l’établissement équilibre ses comptes. Depuis le passage à l’exploitation numérique a changé la donne, les doublons se multiplient. Il n’y a plus une semaine sans que le Darcy, l’autre cinéma des propriétaires de l’Olympia, ne propose des films francophones recommandés Art & essai programmés aussi au Devosge ou à l’Eldorado, stratégie qui s’avère payante puisque, l’an dernier, les entrées du Darcy augmentent au détriment des deux établissements classés Art & essai. Ne pouvant rivaliser avec le Ciné Cap Vert, l’Olympia-Darcy s’attaque à plus faible que lui. Dans l’affaire First Man, ce n’est pas tant « l’Olympia [qui] réagit » que l’Eldorado, et ce en faisant juste valoir ces droits.

Ce n’est pas la première fois la société de Sylvie Massu s’attaque vaillamment à l’Eldorado, il suffit de relire le texte de la pétition pour « sauver les cinémas du centre-ville » écrit en 2015. Un lecteur crédule conclurait à cette lecture que le principal danger pour l’Olympia et le Darcy émane de l’Eldorado. Le « zoom » de l’article récent du Bien public qui évoque « le projet de multiplexe de la future Cité de la Gastronomie » réussit à associer à ce multiplexe à l’Eldorado, et à ne pas nommer Ciné Alpes (Ciné Cap Vert, Devosge) qui devrait en être le propriétaire — pour préciser, l’Eldorado porte un projet d’établissement de quatre écrans indépendant Art & essai sans autre rapport avec le multiplexe que celui du voisinage.

« À nouveau la guerre des cinémas ? » demandait Le Bien public. Manifestement non, puisque cette guerre n’a jamais cessé.

Archimède

Post-scriptum. Avant que l’Olympia exprime son mécontentement, j’avais prévu de vous écrire sur un autre cas de remise en cause d’un système de régulation. Moyocoyani désirait écrire ce mois-ci un texte sur des films Netflix et m’avait demandé si un tel sujet avait sa place dans ma lettre. Je lui ai répondu positivement mais, si la production Netflix ne me pose pas de problème, le mode de diffusion que tente d’imposer la société m’apparaît nocive.

En refusant la chronologie des media — mise en place pour préserver les salles —, en produisant des films réalisés par des cinéastes prestigieux auxquels seuls les abonnés auront accès — échappant ainsi aux taxes liées à la diffusion qui soutiennent la création française —, et en recourant à d’efficaces techniques de captation du public — que ce soit l’abonnement, l’exclusivité ou un algorithme de recommandation personnalisée des plus affinés —, Netflix fragilise le système qui a permis à la France de maintenir à la fois une production importante et un grand nombre de salles de cinéma contrairement à la plupart des pays, système qui a permis de résister tant bien que mal à la télévision, puis aux cassettes vidéos et aux DVD, et enfin à la vidéo à la demande. C’est pourquoi la discussion ne se résume pas en une opposition simpliste entre « snobisme » et « modernité ». Nul doute que Netflix et la régulation seront au cœur de certains débats organisés pendant les Rencontres cinématographiques de Dijon, tout particulièrement Quelle loi audiovisuelle à l’ère du numérique ? (Grand Théâtre, jeudi 8 novembre, 14 h 30) et Quelle place pour la France et l’Europe dans le cinéma mondial ? (Grand Théâtre, vendredi 9 novembre, 14 h 30).


Actualités

L’odeur de l’homme bon (Heureux comme Lazzaro) / par Neyton Cará

Un village coupé du monde et hors du temps, des paysans réveillés au petit matin par l’intrusion d’un groupe de jeunes gens qui réclament en chantant l’apparition au balcon d’une jeune fille, des rires, des cris, un joyeux désordre, la vie tout simplement. Heureux comme Lazzaro est d’abord un film vivant. Alice Rohrwacher a cette qualité-là, ce qu’elle filme reste vivant.

La réalisatrice sait aussi faire confiance aux situations qu’elle filme pour nous faire cheminer petit à petit vers une connaissance affinée de ce que nous voyons vivre devant nous : oui le village est bien coupé du monde, et si ces gens sont pauvres malgré toute l’énergie qu’ils déploient dans le travail aux champs c’est qu’ils sont exploités. Lire la suite…

High Life / par Archimède

Si vous n’avez pas encore vu High Life, le meilleur conseil que je puisse vous donner est d’arrêter net votre lecture et de vous précipiter dans une salle de cinéma découvrir le nouveau film de Claire Denis sans vous renseigner davantage à son sujet, sans en lire le résumé, ni voir la bande annonce. High Life est un de ces films qui se dévoilent peu à peu, forçant le spectateur à émettre des hypothèses qui seront le plus souvent infirmées par les révélations ultérieures. Vierge de toute information, vous éprouverez l’inconfort délicieux de la désorientation, et, l’esprit en alerte, vous apprécierez mieux le cheminement que vous propose la cinéaste que vous suivez peut-être, comme je le fais moi-même, avec intérêt depuis Chocolat, son premier long métrage sorti il y a déjà trente ans. Lire la suite…


Tribune

First Man. Le Premier Homme sur la Lune / par Moyocoyani

First Man n’est pas un film d’épate : si le nom d’un réalisateur lauréat du grand prix de Sundance et multi-oscarisé ne lui avait pas été associé, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas bénéficié du dixième de sa médiatisation. Quand toutes les personnalités ont droit à leur biopic, Neil Armstrong ne faisait qu’attendre son tour, et le projet n’a donc en soi aucune originalité. Et en dehors de Ryan Gosling, dont certains films sont malgré tout passés inaperçus, le casting n’est composé que d’une étoile montante, l’omniprésente Claire Foy, et d’une jolie galerie de seconds couteaux. Même le chef op’ et le compositeur sont de relatifs inconnus quand on songe que Chazelle et Spielberg auraient pu s’offrir de grands noms comme Lubezki et Zimmer, qui leur auraient assuré un coup de projecteur bienvenu. Lire la suite…

Sur trois films Netflix / par Moyocoyani

Jeremy Saulnier, Alex Garland, Duncan Jones, Andrew Niccol, David Michôd, David Ayer, Sofia Coppola, John Lee Hancock, Angeline Jolie, Gareth Evans, Bong Jong-ho, Ana Lily Amirpour, Yeon Sang-ho, Noah Baumbach, Paul Greengrass, Kim Jee-woon, Alfonso Cuaron, Steven Soderbergh, les frères Safdie et Coen, J. C. Chandor, David Mackenzie, Susanne Bier, Andy Serkis, Martin Scorsese, Guillermo del Toro… Tous ces réalisateurs ont un point commun, ils ont fait/vont faire un « Netflix original », cette catégorie nébuleuse qui regroupe aussi bien les films produits et distribués par Netflix (Okja, The Irishman), produits par Netflix distribués au cinéma (Seven Sisters), dont la distribution seule a été acquise par Netflix pour tous les pays (The Meyerowitz Stories, Mowgli, Mudbound, Roma) voire uniquement pour l’international après une diffusion en salles obscures aux États-Unis (Operation Finale, Annihilation). Lire la suite…

Trump, les États-Unis et le cinéma / par Joe Chip

Deux ans après l’élection de D. Trump à la Maison Blanche, et ses « visions » politiques aussi démagogiques qu’irresponsables, attaquant la presse, exacerbant le nationalisme et favorisant la renaissance du suprémacisme blanc, les États-Unis sont confrontés à une crise sociale et sociétale majeure, remettant en cause les fondements de la démocratie U.S. et par la même, le rêve américain, modèle de réussite et d’intégration. Le cinéma U.S. a toujours eu un regard, critique ou bienveillant, sur l’histoire des États-Unis, participant de fait à la construction du mythe, de Capra à Spielberg, de Ford à Cimino, en passant par R. Brooks, A. Penn, et bien d’autres. Lire la suite…


Chronique de tractage # 3 / Le citoyen Marat existe, je l’ai rencontré !

Marat

Lors de nos tractages, il y a des films dont on nous parle plus que d’autres. C’est notamment le cas des films historiques, et en particulier ceux dont l’action se situe dans des périodes troublées de l’histoire de France. Ainsi, La Douleur, adaptation du récit de ses années de guerre de Marguerite Duras il y a quelques mois, avait donné lieu à de longues discussions aux abords du marché entre tracteurs et spectateurs.

Nous nous préparions donc aux débats animés que ne manquerait pas de provoquer la vision d’Un peuple et son Roi sur les écrans de notre cinéma préféré. Lire la suite…

Dijon vu par le Facteur de l’Eldo # 2 / Fenêtres sur parpaings

LIBRE pour Jour 2 Fete

Le jeudi 27 septembre, l’Eldo accueillait Cédric Herrou venu présenter Libre, le film documentaire qui montre son combat pour aider les migrants passant par la vallée de la Roya. Le film ainsi que le débat qui suivit mettaient en lumière les innombrables difficultés auxquelles se heurtent les réfugiés et celles et ceux qui se mobilisent pour les aider. Lors de cette soirée, la question théorique qu’on voit débattue dans les médias mainstream, « la France a-t-elle les moyens d’accueillir les réfugiés ? », laissait la place aux questions urgentes et bien réelles de la prise en charge de ces gens qui arrivent sur le sol français dans une extrême précarité et que les autorités du pays font tout pour dissuader de rester, parfois au mépris des lois. Lire la suite…

Film mystère # 100 (et solution du film mystère # 99)

Pour jouer, reconnaissez le film mystère dont est extrait le photogramme, envoyez son titre et le nom de son réalisateur par courrier électronique à l’adresse archimede@cinema-eldorado.com ou déposez la réponse en indiquant le numéro du film mystère, votre nom et des coordonnées (de préférence une adresse électronique) dans l’urne située dans le hall de l’Eldorado. Un bulletin sera tiré au sort parmi les bonnes réponses reçues avant le vendredi 30 novembre minuit et fera gagner deux places de cinéma (à retirer à l’accueil de l’Eldorado) à son auteur. Bonne chance ! Lire la suite…

Rendez-vous à l’Eldo

Les sorties et les événements répertoriés sont ceux prévus à la date d’envoi de La Lettre. Cette liste de rendez-vous est susceptible d’être complétée, et les dates ou les horaires modifiés suite à un contretemps. Pour éviter toute mauvaise surprise, consultez toujours le site web de l’Eldorado ou son programme imprimé.

Sorties et reprises du mois

  • Amanda (2018) de Mikhaëls Hers. À partir du 21 novembre.
  • Cro Man (Early Man; 2018) de Nick Park. À partir du 21 novembre.
  • Diamantino (2018) de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt. À partir du 28 novembre.
  • Heureux comme Lazzaro (Lazzaro felice; 2018) d’Alice Rohrwacher. À partir du 7 novembre.
  • High Life (2018) de Claire Denis. À partir du 7 novembre.
  • Premières solitudes (2018) de Claire Simon. À partir du 28 novembre.
  • Suspiria (2018) de Luca Guadagnino. À partir du 14 novembre.
  • Yomeddine (2018) d’A.B. Shawky. À partir du 21 novembre.

Séances spéciales du mois

  • Lundi 5 (20 h) : Projection de J’accuse d’Abel Gance (version de 1947), introduite par Maêl et suivie d’une discussion, dans le cadre du cycle La Drôle de paix. Tarifs habituels
  • Mercredi 7 (18 h 30) : Table ronde La représentation des femmes au cinéma est-elle sexiste ? dans le cadre des Rencontres cinématographiques de Dijon. Entrée libre et gratuite.
  • Jeudi 8 (18 h 30) : Rencontre avec Guillaume Nicloux, Gaspard Ulliel et Sylvie Pialat avec projection du film Les Confins du monde dans le cadre des Rencontres cinématographiques de Dijon. Sur invitation gratuite à retirer à l’Hôtel de Vogüe ou à l’Eldorado à partir du lundi 5.
  • Vendredi 9 (18 h) : Rencontre avec le réalisateur Christian Carion avec projection de son film Joyeux Noël dans le cadre du cycle La Drôle de paix et des Rencontres cinématographiques de Dijon. Sur invitation gratuite à retirer à l’Hôtel de Vogüe ou à l’Eldorado à partir du lundi 5.
  • Dimanche 11 (16 h) : Projection de 1919–1939. La Drôle de paix. Séance gratuite.
  • Mardi 13 (20 h 15) : Projection de Le Grand Bal, introduite par Gérard Brey et accompagnée musicalement par le groupe Bandoléon. Tarifs habituels, chapeau pour les musiciens.
  • Jeudi 15 (20 h) : Carte blanche lycéens, projection de 12 hommes en colère, suivie d’une discussion animée par des lycéens. Tarifs habituels.
  • Vendredi 16 (19 h 30) : Rencontre avec l’historien Gérard Noiriel qui présentera son nouvel ouvrage Une histoire populaire de la France du début du XIVe à nos jours, organisée par la librairie La Fleur qui pousse à l’intérieur. Entrée libre et gratuite.
  • Vendredi 30 (20 h 15) : Rencontre avec le réalisateur Philippe Gaud avec projection de son film Tazzeka dans le cadre du festival Migrant’scène, en partenariat avec la Cimade. Tarifs habituels, préventes à l’Eldorado.

Autres événements du mois

  • Jusqu’au mardi 6 : Rétrospective Ingmar Bergman, quinze films du réalisateur. Tarifs habituels.
  • Jusqu’au mardi 13 : La Drôle de paix, cycle de cinq films sur les années qui suivirent la Grande Guerre, organisé par le Conseil départemental de la Côte-d’Or en collaboration avec les Rencontres cinématographiques de Dijon. Projections sur invitation gratuite à retirer à l’Hôtel de Vogüe ou à l’Eldorado à partir du lundi 5 ; entrée libre et gratuite pour les débats.
  • Du dimanche 18 au samedi 24 : Fenêtre sur courts, festival de courts métrage organisé par Plan9. Billets à retirer auprès de Plan9.

Contact

Vous voulez réagir ou proposer un texte, vous pouvez m’écrire à archimede@cinema-eldorado.com. ou à l’adresse du cinéma si vous préférez la voie postale :

Archimède
c/o Cinéma Eldorado
21 RUE ALFRED DE MUSSET
21000 DIJON

Vous pouvez accéder aux précédentes Lettres sur le site de l’Eldorado : https://cinemaeldorado.wordpress.com/la-lettre/.

Pour recevoir la Lettre par courrier électronique, communiquez votre adresse mail à l’Eldorado (une boîte aux lettres est prévue à cet effet à l’accueil) ou à l’adresse archimede@cinema-eldorado.com.

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