Les films mystères de 2017

Le film mystère # 97

plan de Moonlight de Barry Jenkins, toujours à l’affiche à l’Eldorado, ne vous a-t-il pas fait penser à celui du film mystère, dont j’ai extrait le photogramme ci-dessous ? mystery97Pour jouer, envoyez le titre du film mystère et de son réalisateur par courrier électronique à l’adresse archimede@cinema-eldorado.com ou déposez la réponse en indiquant le numéro du film mystère, votre nom et des coordonnées (de préférence une adresse électronique) dans l’urne située dans le hall de l’Eldorado avant le dimanche 5 mars minuit. Exceptionnellement, deux bulletins seront tirés au sort parmi les bonnes réponses et feront gagner deux places de cinéma à chacun de leur auteur. Bonne chance !


Le film mystère # 96

Repris dans le Festival cinéma Télérama, L’Économie du couple (2016) de Joachim Lafosse raconte l’histoire d’un couple en débâcle, celui de Marie (Bérénice Bejo) et Boris (Cédric Kahn). Dans son lit, Marie regarde parfois un film à la télévision, que le spectateur ne voit pas mais entend, tel le film mystère qui n’a pas été choisi au hasard et dont le photogramme ci-dessous est extrait.

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Solution

Personne n’a reconnu Krach (2010) avec Gilles Lellouche (au premier plan, légèrement flou mais reconnaissable), Vahina Giocante et Joffrey Verbruggen. Ce n’est pas moi qui vous reprocherais de ne pas connaître ce film de Fabrice Genestal, ou de l’avoir oublié. Les deux places sont remises en jeu pour le nouveau film mystère que je suppose plus connu.


Le film mystère # 95

Bonne idée qu’a eue l’Eldorado de reprendre La Chasse au lion à l’arc (1967) de Jean Rouch, à l’époque récompensé, comme il se doit, d’un Lion d’or au Festival de Venise. Le fauve qui réussissait à échapper à ses poursuivants apparût dans un court métrage, le film mystère de la semaine (voir aussi le photogramme ci-contre qui en est extrait). Nous y retrouvions aussi les chasseurs gaos.

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Solution

Comme Alain D., qui a été tiré au sort, il fallait reconnaître Un lion nommé l’Américain (1968) de Jean Rouch. Les Gaos traquaient vainement l’Américain, un lion « tuant pour le plaisir », dans le documentaire La Chasse au lion à l’arc (1967). Le court métrage Un lion nommé l’Américain est une sorte de postface, la fin de l’histoire. La principale différence entre les deux films est la disparition du commentaire, ce qui rend difficile la compréhension des rituels qui accompagnent la chasse pour le spectateur qui n’aurait pas vu le premier épisode, mais qui renforce la beauté de la quête.

Fils d’un explorateur compagnon du commandant Charcot, Jean Rouch, né en 1917, découvrit le cinéma en 1922 avec Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North ; 1922) de Robert J. Flaherty, et l’ethnographie en 1934 avec des photographies de masques Dogon exposées dans la vitrine d’une librairie parisienne. Détenteur d’un diplôme d’ingénieur des Ponts et Chaussées, il préféra quitter la métropole pétainiste pour construire des routes de l’Empire colonial français et il fut affecté à Niamey en 1941. Rapidement, en assistant à des rituels songhay qui le fascinèrent, il comprit que le cinéma était indispensable pour rendre compte de ce qu’il voyait et que l’ethnographie devait utiliser cet outil. Après la guerre, Jean Rouch et deux de ses amis, Pierre Ponty et Jean Sauvy, descendirent le Niger en radeau et en pirogue, une expédition qui dura neuf mois, et dont les rapportèrent les images d’Au pays des mages noirs (1947), un court métrage qui sera ensuite complément de programme de Stromboli (1950) de Roberto Rossellini. Rouch réalisera ensuite plus d’une centaine de courts et longs métrages, dont Initiation à la danse des possédés (1949), Les Maîtres fous (1955), Moi, un noir (1958), Chronique d’un été (Paris, 1960) (coréal. Edgar Morin ; 1961), et La Chasse au lion à l’arc (1967). Il décéda au Niger en 2004 dans un accident de voiture.


Le film mystère # 94

Jim Jarmusch est un adepte du name dropping, cette figure de style qui consiste à citer des noms connus. Dans Paterson (2016), encore à l’affiche à l’Eldorado, le réalisateur collecte le nom de personnalités de Paterson, ou de ses environs, dont celle d’un célèbre acteur qui a droit à une statue et qui a donné son nom à une place et, plus exceptionnel, à un parc dans la ville du New Jersey qui l’a vu naître. Les deux personnages principaux de Paterson passent d’ailleurs devant une affiche d’un des films de cet acteur, le film mystère de la semaine dont est extrait le photogramme ci-dessous.

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Solution

Cette semaine, le tirage au sort a avantagé Franck B. qui avait reconnu Deux nigauds contre Frankenstein (Bud Abbott and Lou Costello Meet Frankenstein ; 1948) de Charles T. Barton. Le photogramme montre Wilbur (Lou Costello, à gauche) qui regarde avec terreur Dracula (Bela Lugosi, debout à droite) réveiller le monstre de Frankenstein (Glenn Strange, couché à droite). Glenn Strange avait déjà interprété la célèbre créature dans La Maison de Frankenstein (House of Frankenstein ; 1944) et La Maison de Dracula (House of Dracula ; 1945) d’Erle C. Kenton ; Bela Lugosi avait été l’inoubliable comte dans Dracula (1931) de Tod Browning. Ont participé aussi au film, Lon Chaney dans le rôle du loup-garou Lawrence Talbot, déjà interprété dans Le Loup-garou (The Wolf Man ; George Waggner ; 1941) et Vincent Price qui ne prête que sa voix à l’homme invisible, rôle qu’il avait tenu dans Le Retour de l’homme invisible (The Invisible Man Returns ; Joe May ; 1940).

Dans Paterson, Jim Jarmusch fait plusieurs fois référence à Lou Costello. Le duo comique que le comédien originaire de la ville de Paterson avait formé avec Bud Abbott, lui aussi originaire du New Jersey, s’était fait connaître avec un sketch sur le base-ball, Who’s on First ?, qui est repris partiellement dans Paterson. Entre 1940 et 1956, Abbott et Costello tournèrent ensemble dans plus d’une trentaine de comédies dont le titre français débutait le plus souvent par « Deux nigauds ».


Les films mystères de 2015de 2016

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