Collège

Voyons voir !

Cette année, nous souhaitons vous proposer un plus large éventail de films qui tous se prêtent à un véritable travail en classe. Mélange de films d’exclusivité Art & Essai et de films du patrimoine, de films de fiction et de documentaires, cette proposition n’est pas exhaustive évidemment : si vous repérez un film dans la programmation courante de l’Eldorado n’hésitez pas à nous contacter également !

Ce catalogue sera disponible jusqu’à la fin de l’année scolaire pour des séances avec vos classes. Des dossiers pédagogiques sont disponibles sur la plupart des titres, sur simple demande.

Bonne lecture à tous,
L’Eldo

Films à partir de la 6ème

De Ken Loach. G-B. France. Belgique. 2016. 1h39. VOST.
Avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan…

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Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

Films à partir de la 4ème

LOVING

De Jeff Nichols. USA. G-B. 2016. 2h03. VOST
Avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Michael Shannon…

151814-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxMildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

(à partir du 15 février)

Dossier pédagogique

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NOCES

De Stephan Streker. Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi… Belgique/Pakistan. 2017. 1h38

Une « tragédie grecque ».
C’est ainsi que le réalisateur Stephan Streker définit Noces, son troisième long-métrage. S’il s’inscrit dans le contexte réaliste de lanoces-affiche Belgique d’aujourd’hui et « s’inspire librement de faits réels » (comme nous avertit le carton liminaire), le film n’est dès lors pas à prendre comme une étude sociologique sur les mariages forcés ou la situation des jeunes filles issues de l’immigration. Il puise plutôt sa source au fleuve des mythes et des archétypes qui irriguent notre imaginaire depuis le monde grec. À l’image des grandes héroïnes tragiques comme Antigone (nommément convoquée dans le film), Zahira est soumise à un choix impossible qui va menacer sa liberté, son bonheur et sa vie. Les malédictions divines ont ici laissé place aux conflits de culture mais la famille reste le cadre du tragique. Et le film se place d’emblée sous le signe de la fatalité, déroulant un compte à rebours implacable jusqu’à l’issue funeste. Remarquablement écrit, interprété et mis en scène, Noces offre ainsi le moyen de prolonger en classe de Seconde l’étude de la tragédie classique, en mettant en parallèle, à travers les époques, les formes dramatique et cinématographique. Le film trouvera également des résonances avec le programme de Français de Quatrième, qui invite à interroger la confrontation de valeurs entre individu et société. Comment une jeune fille d’aujourd’hui qui vit dans un pays européen, parvient-elle à articuler ses choix personnels, qui découlent d’un cheminement tâtonnant et complexe entre des univers hétérogènes (la famille, l’école, la vie urbaine et les plaisirs qu’elle autorise) et les exigences familiales imprégnées par la tradition ? Ces problématiques font évidemment aussi écho au programme d’Enseignement Moral et Civique, notamment à travers la réflexion sur les discriminations (en l’occurrence sexiste) et celle sur la loi et l’État de droit, même s’il est important de replacer la réflexion autour du film dans un contexte plus large et dépassionné, et de rappeler que Zahira est une héroïne de fiction, tributaire des choix de l’auteur. Autant de questionnements au cœur d’un film dont la construction implacable et l’héroïne charismatique, véritable force de vie qui entraîne le spectateur à sa suite, ne manquera pas de toucher et d’interpeller les élèves.

Dossier pédagogique complet ICI !

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JULIETA

De Pedro Almodovar. Espagne. 2016. 1h40. VOST.
Avec Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao…Julieta

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

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FRANTZ

De François Ozon. France. 2016. 1h53.
Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner…
Frantz
L’action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l’absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu’elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c’est là qu’elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s’éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français. Après quelques réticences – difficile d’accepter la compassion de quelqu’un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu’Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l’absence, jusqu’à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d’Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d’Adrien n’est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ? (Utopia)
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MERCI PATRON !

 De François Ruffin. France. 2016. 1h24.

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Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?

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Films à partir de la 3ème

PAULA

De Christian Schwochow. Avec Carla Juri, Albrecht Abraham Schuch, Roxane Duran… Allemagne. 2017. 2h03. VOST.

paulaDans la vraie vie, Paula Modersohn-Becker a en effet dû batailler pour pouvoir peindre, et n’a eu de cesse de refuser la place qu’on voulait lui imposer, celle de mère au foyer.  En cela, elle est une incarnation révélatrice de la condition artistique féminine, au même titre que Camille Claudel en France, que l’on aperçoit d’ailleurs dans le film. Les deux femmes sont souvent comparées, car elles partagent une même force de caractère, un même génie artistique, et un même destin tragique. Née en 1876 à Dresde, Paula Modersohn-Becker est morte à seulement 31 ans, des suites d’un accouchement dificile. Elle n’a pu exercer son art que quatorze courtes années, ce qui ne l’a pas empêchée de réaliser au moins sept cent cinquante toiles, treize estampes et environ un millier de dessins. Artiste libre, elle a plusieurs fois fui son foyer en Allemagne pour s’installer à Paris, alors capitale de l’avant-garde artistique. Par son récit haut en couleurs de la vie de Paula Modersohn-Becker, et par son choix de l’actrice suisse Carla Juri, qui apporte à ce  film historique une grande modernité, le réalisateur a voulu affirmer un message de liberté face aux déterminismes de genre.
C’est en cela que le  film pourra être étudié en classe d’allemand au lycée, dans le cadre des objets d’étude « Lieux et formes de pouvoir ». Le  film peut en effet constituer un point de départ pertinent pour se questionner sur la domination exercée par les hommes sur les femmes, et pour inciter les élèves,  filles et garçons, à remettre en cause les codes patriarcaux dont ils sont imprégnés depuis l’enfance. Le  film permettra également d’illustrer une réflexion sur les courants artistiques d’avant-garde du début du 20e siècle, notamment l’expressionnisme, et d’introduire les artistes qui ont porté ces révolutions artistiques, en lien avec l’Histoire des arts.

Dossier pédagogique disponible ICI

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NERUDA

De Pablo Larrain. France. Chili. Espagne. Argentine. 2016. 1h49. VOST
Avec Gael García Bernal, Alfredo Castro, Luis Gnecco…

384764-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx1948, la Guerre Froide s’est propagée jusqu’au Chili. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète.
Neruda et son épouse, la peintre Delia del Carril, échouent à quitter le pays et sont alors dans l’obligation de se cacher. Il joue avec l’inspecteur, laisse volontairement des indices pour rendre cette traque encore plus dangereuse et plus intime. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda voit l’occasion de se réinventer et de devenir à la fois un symbole pour la liberté et une légende littéraire.

(à partir du 4 janvier)

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STEFAN ZWEIG

De Maria Shrader. Allemagne. 2016. 1h46. VOST.
Avec Josef Hader, Barbara Sukowa, Aenne Schwarz……

Stefan_Zweig_Adieu_l_Europe« Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. » (Stefan Zweig, Petropolis, 22 février 1942) Quand il écrit ces derniers mots, sous le soleil radieux du Brésil, Stefan Zweig ne sait encore rien de cette longue nuit d’horreur et de chaos dans laquelle est plongée, et pour plusieurs années encore, sa « chère vieille Europe ». Sans pouvoir rien présager encore de l’effroi qui suivra, Zweig, penseur libre et humaniste ayant en horreur tous les nationalismes, sait déjà que ce qui se trame en 1934, lorsqu’il quitte l’Autriche alors que les pages d’Amok – un de ses chefs d’œuvre – se consument sur les places des villages, n’est que le début d’une longue descente aux enfers pour cette Europe qu’il rêvait libre, unie…
Stefan Zweig, Adieu l’Europe est un film historique passionnant et le récit brillant de la fin de vie en exil de l’un des plus grands écrivains du XXè siècle. Mais en 2016, à l’heure où des bateaux de fortune recrachent sur les plages d’Europe des femmes et des hommes épris de liberté et fuyant l’horreur et le chaos, c’est un film qui résonnera peut-être aussi comme un signal d’alarme, un film qui convoque l’histoire au chevet d’une société à la mémoire courte, toujours prête semble-t-il à pencher vers le pire, à choisir les peurs et les frontières au détriment d’un possible vivre ensemble. En cela, outre sa réussite artistique incontestable, c’est un film qui vous tire vers le haut, au fil d’une pensée pénétrante, humaniste et généreuse. Et qui évidemment vous donne furieusement envie de lire ou relire tout Zweig. On applaudit des deux mains !

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TONI ERDMANN

De Maren Ade. Allemagne. 2016. 2h42. VOST.
Avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, Michael Wittenborn…

Toni ErdmannC’est une sorte de tour de force que réalise ce film étonnant, à la fois hilarant et bouleversant. La trame est au demeurant classique : la confrontation entre deux êtres qu’a priori tout oppose, à ceci près que ce sont un père et sa fille qui se sont éloignés depuis plusieurs années et se retrouvent dans des circonstances rocambolesques.

Winfried est un sexagénaire atypique, mais assez emblématique d’une génération qui s’est battue contre le modèle capitaliste, pour la libération sexuelle, contre les normes établies et l’éducation traditionnelle. Il est professeur de musique plus ou moins dilettante. Sa fille Inès est tout ce que son père n’a jamais voulu être. Parfait produit de la réussite économique allemande, elle travaille pour un cabinet d’audit à Bucarest où elle conseille des entreprises locales pour les aider à licencier au plus vite et sans bavures. Elle mène une vie confortable et amorale, dénuée d’amour et d’idéal, sans trop se poser de questions.

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Modalités pratiques

Tarif :
4€ par élève / Gratuit pour les accompagnateurs

Séances sur réservation, dates et horaires à votre convenance.
Séances possibles jusqu’à la fin de l’année scolaire

03 80 66 51 89
eldo@wanadoo.fr