Cycle hispano-américain
Violeta
Violeta se fue a los cielos. Argentine/Brésil/Chili, 2011, 1h50. Réal. Andrés Wood ; scén. Elideo Altunaga d’après le livre d’Angel Parra ; avec Francisca Gavilán, Thomas Durand, Stephania Barbagelata, Roberto Farías. Grand Prix du Jury – Fiction étrangère – Sundance 2012
Violeta se souvient : petite fille, elle apprit à jouer de la guitare en regardant son père. Plus tard, avec une troupe d’artistes, elle fit le tour du Chili où elle prit conscience de la situation sociale de son pays et de la richesse de son folklore. Sa notoriété grandissant, elle fut invitée plusieurs fois en Europe où elle fit découvrir la musique traditionnelle chilienne et ses propres compositions. Mais c’est chez elle qu’elle rencontra un anthropologue et musicien suisse, Gilbert Favre, qui sera l’amour de sa vie… Le réalisateur chilien Andrès Wood présente une Violeta Parra en lutte avec le monde entier, y compris ceux qu’elle aime. Le film n’est guère flatteur — fière, jalouse, injuste, mauvaise épouse et mauvaise mère — mais laisse entrevoir parfois la fragilité si présente dans ses chansons. Violeta évite ainsi l’un des écueils courants des biopics : l’hagiographie. Un autre danger est l’excès de précision et de détails. Ici, au contraire, seuls les événements les plus importants du point de vue de Violeta sont gardés, l’absence des autres n’en étant que plus signifiant. En refusant un déroulement strictement chronologique et par l’usage de scènes oniriques récurrentes, Wood réussit à brosser le portrait cohérent d’une femme dévorée par ses passions.
Et pour la partie musicale :
Musicien d’origine chilienne, Claudio Ibarra arrive en France en 1983 a l’age de 11 ans avec ses parents réfugies politiques. Il apprend les bases de la musique latino-americaine au sein du groupe familiale et au près de la formation péruvienne Taki Llacta. Il développe un jeu de basse influencé par la musique latine (La Kuenta, el Cartel et Taki Llacta).
En 2011, il forme le groupe de musique cubaine MatanZas, que vous pourrez entendre ce 3 juin à l’Eldo.
MATANZAS , ce sont des musiciens d’origine latino-américaine (Chili/Perou), qui interprètent avec passion le répertoire traditionnel cubain comme le Son, la Rumba cubaine et les Boleros. Contrebasse, bongos, guitares cubaines et flute sont quelques-uns des instruments qui donnent à Matanzas la couleur et l’authenticité pour transmettre au public cette musique chaleureuse. Ils aborderont pour cette occasion exceptionnelle une partie du répertoire traditionnel chilien.
Los Salvajes
Los Salvajes. Argentine, 2012, 1 h 59. Réal. et scén. Alejandro Fadel ; dir. photo. Julián Apezteguia, mont. Delfina Castagnino, dir. cast. Mariana Mitre ; avec Leonel Arancibia, Roberto Cowal, Sofía Brito, Martín Cotari, César Roldan. Prix ACID/CCAS à la Semaine de la Critique (Festival de Cannes 2012)
S’évadant d’un centre de détention pour mineurs, quatre garçons et une fille commencent une longue traversée de la pampa. Ils marchent, s’amusent, s’affrontent, se droguent, et, pour se nourrir, pillent une maison ou volent du bétail. Mais, au fil des rencontres, le groupe se réduit… Poème barbare aux allures de western mystique, ce film est surtout le parcours de ces jeunes vers eux-mêmes, de la découverte de leur nature profonde. Pour incarner ces « sauvages », le réalisateur argentin Alejandro Fadel a choisi des adolescents dont le vécu est assez proche de celui des personnages et s’est efforcé de saisir la part de vérité qui se révélait derrière leur jeu. Et puis il y a la campagne argentine qui n’est pas juste un décor mais un personnage à part entière, tour à tour bienveillant et inquiétant, qui protège les hommes qui s’y aventurent, les bouscule, les transforme. Alejandro Fadel signe ici un premier long métrage singulier, très personnel, d’une grande beauté formelle et d’une grande sensibilité. Los Salvajes est un film à ne pas manquer et Alejandro Fadel un jeune réalisateur à suivre.







