Dijon Cinéphiles

10 FILMS – 2 RENCONTRES

affiche dijon cinéphiles

Métropolitan de Whit Stillman
J’ai pas changé de bord de Christian Blanchet
Swim little fish swim de Ruben Amar et Lola Bessis
Maïdan de Sergei Loznitsa
Leçons d’harmonie d’Emir Baigazin
Pan pleure pas de Gabriel Abrantes
Sacro Gra de Gianfranco Rosi
Les soeurs Quispe de Sebastian Sepulveda
Computer Chess d’Andrew Bujalski
Laignes en courts – Programme de courts-métrages issus des Rencontres de Laignes.

Tarifs habituels ou Pass 10 films à 30€

Ciné-goûter !

MERCREDI 23 JUILLET : Ciné-goûter ! –> Tarif unique 6€

LE CHÂTEAU AMBULANT

Chateau

à partir de 5-6 ans

La jeune Sophie, âgée de 18 ans, travaille sans relâche dans la boutique de chapelier que tenait son père avant de mourir. Lors de l’une de ses rares sorties en ville, elle fait la connaissance de Hauru le Magicien. Celui-ci est extrêmement séduisant, mais n’a pas beaucoup de caractère… Se méprenant sur leur relation, une sorcière jette un épouvantable sort sur Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans.
Accablée, Sophie s’enfuit et erre dans les terres désolées. Par hasard, elle pénètre dans le Château Ambulant de Hauru et, cachant sa véritable identité, s’y fait engager comme femme de ménage. Cette " vieille dame " aussi mystérieuse que dynamique va bientôt redonner une nouvelle vie à l’ancienne demeure. Plus énergique que jamais, Sophie accomplit des miracles. Quel fabuleux destin l’attend ? Et si son histoire avec Hauru n’en était qu’à son véritable commencement ?

 

Démocratie et tralala

Diffusion du film jusqu’au 20 août

Prochaines séances : vendredi 25 juillet à 12h / mardi 29 juillet à 12h / Jeudi 31 juillet à 12h / Samedi 2 août à 16h…

Christian Blanchet est l’invité de l’émission “Naïves questions de philosophie”, Radio Fréquence Paris Plurielle, RFPP, mercredi 23 juillet à 17h.
http://www.rfpp.net/
émission rediffusée le mardi 29 juillet à 11h00

Si vous croisez votre député, votre ministre ou votre sénateur (on ne sait jamais), dîtes-lui d’aller voir ce film. Il percevra soudain l’incroyable fossé qui sépare les gens de leurs soi-disant représentants… Le constat est unanime : le seul espace de large expression démocratique que sont les élections se voit de plus en plus abandonné. La question qui vient naturellement sur les lèvres aujourd’hui n’est pas « pourquoi ne vote-t-on plus ? » mais bien plutôt « pourquoi certains continuent-t-ils à voter ? ». Voilà le paradoxe que Christian Blanchet a choisi de filmer, avec autant de légèreté que d’inquiétude… Lors des élections présidentielles de 2007 et 2012, Blanchet est retourné dans sa commune d’enfance, Avranches, petite ville côtière entre Saint-Malo et Caen, tout près du Mont-Saint-Michel. Il se balade dans les rues, interroge les habitants qui parfois sont de vieux copains. Et, chose très importante vous verrez, il décide de filmer dans l’entreprise familiale, dirigée par sa nièce, où se mêlent paroles d’ouvriers et de cadres… Toute une sociologie haute en couleur.

Point par coquetterie, le cinéaste apparaît aussi à l’écran, se mettant lui-même en scène, histoire d’affirmer un parti-pris de subjectivité, mais aussi d’interroger le film en train de se faire… Et nous le voyons douter, ce personnage-cinéaste, en plein milieu de son propre film, comme un M. Hulot hébété face au désenchantement des gens, et se demandant ce que peut bien y faire le cinéma… Car il y a cette question qui est très présente aussi dans le film, comme la doublure l’est d’un veston : l’utopie d’un cinéma qui changerait le monde est enterrée depuis belle lurette, que lui reste-t-il alors ? La réponse est sans doute dans l’exergue du film, cette magnifique séquence d’Ordet de Dreyer, « Malheur à vous pour votre manque de foi ». Au-delà des portraits des habitants qui sont de toute beauté, l’invention de ce personnage-cinéaste donne au film une dimension symbolique qui confine à la comédie. Ce dont il souffre ce personnage, c’est de l’impossibilité de lier la générosité individuelle à une démarche plus collective. Et pourtant, il veut continuer d’y croire, même ridiculement, à ce passage entre idéal et pratique. Blanchet porte en lui un ré-enchantement du monde, par obstination.

J-ai-Pas-Change-de-Bord-VF_reference

 J’ai pas changé de bord de Christian Blanchet, documentaire, france, 2013, 1h40