Dijon Cinéphiles

10 FILMS – 2 RENCONTRES

affiche dijon cinéphiles

Métropolitan de Whit Stillman
J’ai pas changé de bord de Christian Blanchet
Swim little fish swim de Ruben Amar et Lola Bessis
Maïdan de Sergei Loznitsa
Leçons d’harmonie d’Emir Baigazin
Pan pleure pas de Gabriel Abrantes
Sacro Gra de Gianfranco Rosi
Les soeurs Quispe de Sebastian Sepulveda
Computer Chess d’Andrew Bujalski
Laignes en courts – Programme de courts-métrages issus des Rencontres de Laignes.

Tarifs habituels ou Pass 10 films à 30€

Projections : "& a Fade to Grey" et "Pluie noire" dans le cadre de Jeûne-Action de DIJON-Valduc

hirono-trainpeace

Du 6 au 9 août 2014, à l’occasion des tristes anniversaires des bombardements atomiques des villes de Hiroshima et de Nagasaki d’août 1945, a lieu dans toute l’Europe un jeûne international pour l’abolition des armes nucléaires.

Pour la première fois le jeûne-action aura lieu à Dijon-Valduc.

Une quinzaine de  jeûneurs / jeûneuses sont engagés afin de dénoncer l’accord récent conclu par la France avec la Grande-Bretagne sur la mise au point de nouvelles armes nucléaires (1 milliard d’EUR de travaux engagés à Valduc).

Ils jeûnent pour que la France élimine ses armes nucléaires, pour que la communauté internationale décide, sur les modèles des interdictions des armes chimiques et des bombes à fragmentation (sous-munitions), d’un Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires, comme le demandent les 3/4 des Etats à la conférence organisée par le Mexique en février 2014. L’Europe ne compte que deux pays marginaux équipés de la bombe : la France et la Grande-Bretagne. 16.000 bombes nucléaires sont actuellement en service dont 2000 en état d’alerte créant une insécurité mondiale proche de celle de la guerre froide.

Une action organisée par : Maison de Vigilance, Armes nucléaires STOP, Sortir du Nucléaire, Les Amis de la Terre Côte d’Or, MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente), Le Mouvement de la Paix, Collectif 21, Campagne mondiale ICAN (pour abolir les armes nucléaires) : plus de 60 organisations en France et 600 dans le monde. De nombreuses associations et citoyen(ne)s se joignent à ce Jeûne-Action.

L’Eldo s’associe à cet événement pour une soirée hommage aux victimes de l’industrie du nucléaire.

Parmis les jeûneurs, Lydie Jean-Dit-Pannel, réalisatrice et plasticienne, travaille depuis une année à une poésie vidéo anti-nucléaire.

VENDREDI 8 AOÛT – 20H

Présentation de la JEÛNE ACTION par les jeûneurs

"& a Fade to Grey" de Lydie Jean-dit-Pannel
copie de travail août 2014, 15 minutes

Un étrange personnage féminin, pensif et tourmenté, entièrement tatoué de papillons monarque, inspiré par la Psyché abandonnée de Jacques-Louis David (vers 1795) erre dans des paysages hantés par le nucléaire. Un témoignage et une errance solitaire, absurde et consternée à Hiroshima, dans la région de Fukushima, à Tchernobyl et à Pripiat, dans le désert du Nevada, à Bure et à Valduc.


"Pluie noire"
de Shöhei Imamura (1989) 2h03

Le film commence à Hiroshima le 6 août 1945. Les gens partent au travail. Soudain, un éclair blanc déchire le ciel. Sa lumière s’accompagne d’un souffle terrible et l’enfer se déchaîne. Des fantômes mutilés errent dans les amas de ruines.

Le film se focalise sur Yasuko. Au moment de l’explosion, la jeune fille est sur un bateau, en route vers la maison de son oncle. Une pluie noire s’abat sur la mer et sur les passagers. Ceux que cette pluie a touchés, souillés, ne savent pas encore qu’ils ont été irradiés.

Quelques années plus tard, Yasuko vit à la campagne avec son oncle et sa tante. La guerre est finie, la vie a repris ses droits. Et c’est dans une ambiance de nature sereine, apaisante, que lentement la mort s’installe. Yasuko ne trouve pas à se marier. On craint sa maladie. Les victimes de la bombe sont devenus les hibakusha.

Non seulement ils ont souffert physiquement, en l’absence de traitement adapté, mais ils ont aussi eu honte d’avoir été des vaincus. Les suicides ont été très nombreux.

Yuishi, un ancien soldat traumatisé par les combats, est le seul être dont elle pourrait partager l’existence.

Pour s’inscrire au Jeûne-Action de DIJON-Valduc cliquez ICI

Démocratie et tralala

Diffusion du film jusqu’au 20 août

Prochaines séances : vendredi 25 juillet à 12h / mardi 29 juillet à 12h / Jeudi 31 juillet à 12h / Samedi 2 août à 16h…

Christian Blanchet est l’invité de l’émission “Naïves questions de philosophie”, Radio Fréquence Paris Plurielle, RFPP, mercredi 23 juillet à 17h.
http://www.rfpp.net/
émission rediffusée le mardi 29 juillet à 11h00

Si vous croisez votre député, votre ministre ou votre sénateur (on ne sait jamais), dîtes-lui d’aller voir ce film. Il percevra soudain l’incroyable fossé qui sépare les gens de leurs soi-disant représentants… Le constat est unanime : le seul espace de large expression démocratique que sont les élections se voit de plus en plus abandonné. La question qui vient naturellement sur les lèvres aujourd’hui n’est pas « pourquoi ne vote-t-on plus ? » mais bien plutôt « pourquoi certains continuent-t-ils à voter ? ». Voilà le paradoxe que Christian Blanchet a choisi de filmer, avec autant de légèreté que d’inquiétude… Lors des élections présidentielles de 2007 et 2012, Blanchet est retourné dans sa commune d’enfance, Avranches, petite ville côtière entre Saint-Malo et Caen, tout près du Mont-Saint-Michel. Il se balade dans les rues, interroge les habitants qui parfois sont de vieux copains. Et, chose très importante vous verrez, il décide de filmer dans l’entreprise familiale, dirigée par sa nièce, où se mêlent paroles d’ouvriers et de cadres… Toute une sociologie haute en couleur.

Point par coquetterie, le cinéaste apparaît aussi à l’écran, se mettant lui-même en scène, histoire d’affirmer un parti-pris de subjectivité, mais aussi d’interroger le film en train de se faire… Et nous le voyons douter, ce personnage-cinéaste, en plein milieu de son propre film, comme un M. Hulot hébété face au désenchantement des gens, et se demandant ce que peut bien y faire le cinéma… Car il y a cette question qui est très présente aussi dans le film, comme la doublure l’est d’un veston : l’utopie d’un cinéma qui changerait le monde est enterrée depuis belle lurette, que lui reste-t-il alors ? La réponse est sans doute dans l’exergue du film, cette magnifique séquence d’Ordet de Dreyer, « Malheur à vous pour votre manque de foi ». Au-delà des portraits des habitants qui sont de toute beauté, l’invention de ce personnage-cinéaste donne au film une dimension symbolique qui confine à la comédie. Ce dont il souffre ce personnage, c’est de l’impossibilité de lier la générosité individuelle à une démarche plus collective. Et pourtant, il veut continuer d’y croire, même ridiculement, à ce passage entre idéal et pratique. Blanchet porte en lui un ré-enchantement du monde, par obstination.

J-ai-Pas-Change-de-Bord-VF_reference

 J’ai pas changé de bord de Christian Blanchet, documentaire, france, 2013, 1h40